En Guinée, la récente nomination de Alphonse Charles Wright à la tête du parquet spécial de la CRIEF marque un tournant important dans la lutte contre la corruption et les crimes économiques.
Par décret du président Mamadi Doumbouya, rendu public le 7 avril 2026, Alphonse Charles Wright a été nommé procureur spécial près la CRIEF, en remplacement de Aly Touré, désormais promu premier président de la Cour d’appel de Conakry.
Ancien ministre de la Justice et récemment président de la Cour d’appel de Conakry, Alphonse Charles Wright revient ainsi au cœur du dispositif judiciaire guinéen, dans une institution clé créée pour lutter contre les détournements de fonds publics.
À peine installé dans ses fonctions, Charles Wright a affiché un ton ferme et sans ambiguïté. Il a clairement indiqué que personne ne sera au-dessus de la loi, y compris au sein de l’administration judiciaire.
Il a notamment insisté sur :
la nécessité d’appliquer la loi avec rigueur
la lutte contre la corruption à tous les niveaux
la fin de l’impunité, même pour les hauts responsables
Dans une déclaration marquante, il a averti que même des magistrats ou ministres pourraient être poursuivis, si les faits le justifient.Une mission délicate
La CRIEF, créée en 2021, est chargée de juger les infractions économiques majeures, notamment les détournements de deniers publics.
En prenant les rênes du parquet spécial, Charles Wright hérite de dossiers sensibles et très médiatisés, dans un contexte où :
l’opinion publique attend des résultats concrets
la justice est fortement scrutée
les enjeux politiques restent importants
Entre attentes et pression
Sa nomination est perçue comme un signal fort des autorités de transition pour renforcer la lutte contre la corruption. Mais elle place aussi Charles Wright face à plusieurs défis :
accélérer le traitement des dossiers en cours
garantir l’indépendance de la justice
éviter les accusations de « justice sélective »
Avec son retour à un poste stratégique, Charles Wright incarne désormais une justice guinéenne qui se veut plus offensive. Reste à savoir si cette volonté affichée de fermeté se traduira par des résultats concrets et durables dans la lutte contre la corruption en Guinée.
Henriette Mara www.vision224.com

