Depuis plusieurs mois, le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) en Guinée est confronté à une hausse significative des prix des matériaux de construction, une situation qui inquiète aussi bien les professionnels que les particuliers engagés dans des projets immobiliers.
Selon plusieurs constats sur le terrain, le coût des principaux matériaux, notamment le ciment, le sable et le fer à béton, connaît une augmentation continue. Par exemple, le prix du sac de ciment de 50 kg, pourtant produit localement, est passé d’environ 65 000 à 70 000 francs guinéens à près de 75 000 voire 100 000 francs, avec des pics encore plus élevés dans certaines localités
Dans des villes comme Mamou, ce même sac peut atteindre jusqu’à 110 000 voire 115 000 francs guinéens en raison de pénuries récurrentes .
Cette flambée s’explique principalement par un déséquilibre entre l’offre et la demande. D’une part, les capacités de production et les contraintes logistiques limitent l’approvisionnement régulier des marchés. D’autre part, les grands chantiers d’infrastructures lancés à travers le pays, notamment dans le cadre des projets miniers et routiers, consomment d’importantes quantités de matériaux, accentuant ainsi la pression sur les stocks disponibles .
À cela s’ajoutent les coûts de transport et l’inflation générale qui impactent directement les prix du sable, du gravier et d’autres intrants essentiels. Dans un contexte d’urbanisation rapide et de forte demande en logements, notamment à Conakry, le secteur du BTP devient de plus en plus stratégique pour l’économie nationale, représentant déjà une part importante de la croissance .
Les conséquences de cette hausse sont multiples. De nombreux chantiers privés connaissent des ralentissements, voire des arrêts, faute de moyens financiers pour supporter l’augmentation des coûts. Les entreprises du BTP, quant à elles, voient leurs marges se réduire considérablement, tandis que certains contrats deviennent difficiles à exécuter sans révision des budgets initiaux.
Du côté de l’État, cette situation complique également la mise en œuvre des projets publics, dont les coûts explosent au fil du temps. La maîtrise des prix des matériaux de construction apparaît ainsi comme un enjeu crucial pour soutenir les ambitions de développement et d’urbanisation du pays.
Face à cette réalité, plusieurs acteurs appellent à des mesures urgentes, notamment l’amélioration de la production locale, la régulation du marché et le renforcement de la chaîne logistique, afin de stabiliser les prix et préserver la dynamique du secteur de la construction en Guinée.
Oumou Camara www.vision224.com

