La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rendu son verdict, jeudi 2 juillet, dans le dossier de l’ancien Premier ministre guinéen, Dr Ibrahima Kassory Fofana. La juridiction a partiellement réformé la décision prononcée en première instance, en réduisant sa peine à trois ans et neuf mois d’emprisonnement, tout en maintenant une amende de deux milliards de francs guinéens.
Dans son arrêt, la Cour a relaxé l’ancien chef du gouvernement des faits de détournement de deniers publics. En revanche, elle l’a reconnu coupable des infractions d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, des chefs d’accusation qui demeurent retenus contre lui.
La chambre des appels a également ordonné la confiscation, au profit de l’État guinéen, des fonds déposés sur le compte « Épargne à vie » de Dr Kassory Fofana, domicilié à VISTAGUI SA. La gestion de ces avoirs a été confiée à l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC).
Sur le plan civil, l’État guinéen, constitué partie civile, a obtenu gain de cause. La Cour a condamné l’ancien Premier ministre à verser trois milliards de francs guinéens en réparation des préjudices subis par l’État. Elle a également ordonné la publication de la décision au Journal officiel, aux frais du condamné.
Lors de l’audience du 18 juin 2026, le parquet général avait requis une peine de cinq ans d’emprisonnement contre Dr Ibrahima Kassory Fofana. De son côté, l’État guinéen, représenté par son avocat, avait sollicité une condamnation à 20 milliards de francs guinéens, estimant que l’appel interjeté était abusif.
Pour rappel, en février 2025, la CRIEF avait condamné Dr Ibrahima Kassory Fofana à cinq ans de prison pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, avec une amende de deux milliards de francs guinéens. Au civil, il avait été condamné à verser 15 milliards de francs guinéens à titre principal, ainsi que trois milliards de francs guinéens de dommages et intérêts. La décision rendue en appel modifie donc partiellement ce jugement, en écartant le chef de détournement de deniers publics et en réduisant la peine d’emprisonnement.
Saloun Touré www.vision224.com

