Un important coup de filet a été réalisé par les forces de sécurité guinéennes et sierra-léonaises. La Direction Générale de la Police Nationale a annoncé le démantèlement d’un réseau criminel transnational impliqué dans plusieurs infractions graves, notamment l’escroquerie, la traite d’êtres humains, le trafic illicite de migrants et l’usurpation de fonctions.Une enquête déclenchée après des plaintes de familles.
L’affaire a débuté à la suite de nombreuses plaintes déposées par des familles guinéennes, signalant des promesses frauduleuses d’émigration faites à de jeunes candidats au départ. Sur instruction du Procureur Général près la Cour d’appel de Conakry, une opération conjointe a été déclenchée.
Elle a mobilisé la Direction Centrale de la Police Judiciaire via le Bureau Central National Interpol de Conakry, en coopération étroite avec le BCN Interpol de Freetown, dans le cadre d’une collaboration policière régionale.
Arrestations en Guinée et en Sierra Leone
Quatre suspects de nationalité guinéenne ont été interpellés :
Mohammed Lamine Camara
Ibrahima Sylla
Abdul Camara
Peter H. Condé
Un cinquième individu, Alpha Oumar Diallo, a été arrêté le même jour à Freetown. Il est accusé d’escroquerie portant sur un montant estimé à 49 millions de francs guinéens.
Un réseau utilisant une fausse entreprise comme couverture
Selon les autorités policières, les suspects utilisaient la structure commerciale « Infinity Millennium QNet » comme couverture. Cette façade leur permettait de recruter des jeunes Guinéens désireux d’émigrer, avant de leur soutirer d’importantes sommes d’argent sous de fausses promesses d’opportunités d’immigration.
Transfert et garde à vue à Conakry
Le 27 juin, les cinq mis en cause ont été remis dans le cadre d’une procédure simplifiée de police à police au poste frontalier de Pamalap, en application des Accords d’Accra de 2003. Ils sont actuellement placés en garde à vue dans les locaux de la DCPJ à Conakry.
Des poursuites judiciaires lourdes en perspective
Les suspects devraient répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment :
association de malfaiteurs
escroquerie
traite d’êtres humains
trafic illicite de migrants
usurpation de titres
Ces infractions sont prévues et réprimées par les articles 784, 403, 323, 333 et 678 du Code pénal guinéen.
Une affaire à forte portée régionale
Ce démantèlement met en lumière l’ampleur des réseaux criminels transfrontaliers opérant dans la sous-région, ainsi que l’importance de la coopération entre les services de police ouest-africains et Interpol pour lutter contre ces trafics.
Saloun Touré www.vision224.com

