Conakry, 09 juillet 2026 – Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a signé un décret, publié le mercredi 08 juillet 2026, visant à renforcer le cadre réglementaire de l’exportation de l’or raffiné en Guinée. Cette réforme s’inscrit dans la volonté des autorités de mieux encadrer la filière aurifère, d’améliorer la traçabilité du métal précieux, d’assurer la transparence des opérations et de garantir le rapatriement des devises dans le respect des normes internationales.
Selon les dispositions du décret, seules les sociétés minières industrielles et semi-industrielles, les comptoirs d’achat et d’exportation agréés ainsi que la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) sont désormais autorisés à exporter de l’or raffiné.
Le texte précise que toute opération d’exportation devra être accompagnée d’un dossier complet comprenant notamment un certificat d’origine, un certificat d’analyse délivré par la raffinerie, une attestation de conformité émise par l’Office guinéen de l’or (OGE), une facture commerciale, un contrat de vente ou un ordre d’achat, une déclaration en douane, une preuve de domiciliation bancaire, un engagement de rapatriement des devises ainsi qu’une autorisation d’exportation délivrée par le ministre en charge des Mines.
Le décret impose également aux opérateurs le respect d’une chaîne d’approvisionnement responsable. Celle-ci repose sur la traçabilité de l’origine de l’or, l’évaluation des risques, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que sur la protection de l’environnement.
Dans cette dynamique, une plateforme nationale de traçabilité de l’or sera mise en place. Elle permettra d’enregistrer les producteurs, de suivre les mouvements du métal précieux et de délivrer les certificats d’origine, renforçant ainsi le contrôle des flux d’exportation.
Par ailleurs, les producteurs et les opérateurs sont invités à privilégier l’approvisionnement des raffineries d’or agréées installées en Guinée avant toute exportation, dans le but de promouvoir la transformation locale et de créer davantage de valeur ajoutée au bénéfice de l’économie nationale.
Le décret prévoit enfin des sanctions administratives à l’encontre des contrevenants, notamment la suspension ou le retrait des autorisations, la saisie de l’or concerné et la suspension des autorisations d’exportation. Des poursuites pénales sont également prévues en cas d’exportation frauduleuse d’or brut, conformément aux dispositions du Code minier et du Code des douanes.
À travers cette nouvelle réglementation, les autorités guinéennes entendent consolider la gouvernance du secteur aurifère, lutter contre les pratiques illicites et renforcer la crédibilité de la Guinée sur le marché international des métaux précieux.
Henriette Mara www.vision224.com

