Conakry a accueilli, ce samedi 18 juillet, une rencontre d’échanges et d’informations réunissant les étudiants guinéens admis dans les universités françaises pour la rentrée académique 2026 et les principaux responsables du programme Simandou 2040. Organisée par l’Institut Français de Guinée, à travers Campus France Guinée, cette initiative visait à préparer le départ des futurs étudiants tout en les sensibilisant à leur rôle dans le développement économique et social de la Guinée.
La cérémonie a été présidée par le Premier ministre, Amadou Oury Bah, en présence du ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, du président du Conseil d’administration de la Compagnie du Transguinéen, Mamoudou Nagnalen Barry, ainsi que de l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, Jean-Luc Briard.
Dans son intervention, l’ambassadeur de France a félicité les étudiants pour leur admission dans les établissements français, les invitant à relever avec détermination les défis liés à leur installation en France ainsi qu’à leur futur retour en Guinée.
« Félicitations d’avoir été acceptés dans nos excellentes universités. Nous sommes là pour vous accompagner et amortir le choc du départ », a déclaré Jean-Luc Briard, soulignant également l’importance du « choc du retour », qui permettra aux étudiants de mettre leurs compétences au service de leur pays.
Le diplomate a rappelé que la France demeure la première destination des étudiants et chercheurs guinéens, tout en exhortant les bénéficiaires à ne jamais perdre de vue leur responsabilité envers la Guinée, qui a investi dans leur formation depuis leur parcours scolaire.
De son côté, le responsable de Campus France Guinée, Dr Amara Diawara, a expliqué que cette rencontre allait bien au-delà d’une simple préparation administrative au départ. Selon lui, elle s’inscrit dans une réflexion globale sur le développement du capital humain en Guinée.
Il a insisté sur la nécessité d’une orientation scolaire précoce, estimant qu’une vocation se construit progressivement dès le plus jeune âge grâce à une meilleure information et à une exposition aux métiers d’avenir, notamment dans les domaines des sciences, des technologies et de l’innovation.
Présentant les résultats de la campagne 2025-2026, Dr Diawara a annoncé que sur 9 500 dossiers déposés, 8 250 ont été validés avant d’être transmis aux établissements français. Au total, 1 450 étudiants guinéens ont été admis dans les universités publiques françaises, un record depuis l’ouverture de Campus France en Guinée en 2007.
Il a toutefois appelé à renforcer la qualité des candidatures, la maîtrise de la langue française ainsi que la cohérence des projets d’études. Il a également regretté la faible représentation des femmes, qui ne constituent que 37,4 % des étudiants admis, ainsi que le manque d’intérêt pour certaines filières stratégiques comme le numérique, les sciences du vivant, l’environnement et les formations techniques.
Concernant les visas, il a indiqué que 470 demandes sur 587 ont obtenu un avis favorable, soit un taux de réussite de 80 %, qu’il juge encourageant.
Prenant la parole, le président du Conseil d’administration de la Compagnie du Transguinéen, Mamoudou Nagnalen Barry, a mis en avant les ambitions du programme Simandou 2040. Selon lui, la vision des autorités est que les 129 mégaprojets prévus dans le cadre de ce programme soient majoritairement réalisés par des compétences guinéennes.
Il a rappelé que la phase de construction du projet Simandou a déjà permis de créer plus de 55 000 emplois directs, dont près de 35 000 sont encore maintenus aujourd’hui.
S’adressant aux étudiants, il les a invités à acquérir les compétences dont le pays aura besoin dans les prochaines années.
« Partez apprendre. La Guinée a besoin de vous. Les opportunités existent et c’est en restant connectés à votre pays que vous pourrez pleinement les saisir », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre, Bah Oury, a pour sa part replacé cette rencontre dans la stratégie nationale de développement, fondée sur les infrastructures, l’énergie et un investissement accru dans l’éducation.
« Allez étudier sérieusement. Vous ne partez pas pour faire du tourisme. Vous allez étudier et le pays a besoin de vous », a lancé le chef du gouvernement.
Il a également assuré que l’État entend renforcer l’accompagnement des étudiants guinéens à l’étranger afin qu’aucun d’eux ne se sente abandonné durant son parcours académique.
En marge des interventions officielles, plusieurs panels ont permis aux futurs étudiants d’échanger avec des experts sur le contenu local, l’employabilité des diplômés ainsi que les perspectives de retour en Guinée pour contribuer à la mise en œuvre des grands projets de développement, notamment le programme Simandou 2040.
Henriette Mara www.vision224.com

