Une manifestation spontanée a éclaté ce mardi à la Cité Enco 5, où de nombreuses vendeuses ont occupé une partie de la chaussée reliant le rond-point à Sangoyah. Très remontées, les commerçantes ont bloqué la circulation pour interpeller les autorités sur leurs conditions d’installation et réclamer un espace dédié à leurs activités commerciales.
Selon les manifestantes, leur situation fait suite à l’opération de déguerpissement des encombrants physiques menée sur les voies publiques. Elles affirment avoir accepté de libérer la route conformément aux instructions des autorités et s’être installées dans un espace qui leur avait été indiqué comme solution temporaire.
« Nous nous sommes pliées à la décision du président Mamadi Doumbouya lorsqu’il a exprimé sa volonté de dégager les encombrants physiques le long des voies publiques », a expliqué Alamako Kourouma, vendeuse au marché d’Enco 5.
Elle affirme que les commerçantes avaient ensuite été orientées vers un espace qui devait accueillir leurs activités, à l’image de ce qui aurait été fait dans d’autres quartiers de Conakry. Selon elle, l’aménagement du nouveau marché est aujourd’hui en partie achevé, mais l’accès aux boutiques constitue désormais le principal obstacle.
Au cours de la manifestation, les femmes ont notamment scandé : « Moussa Diallo, zéro ! Moussa Diallo, zéro ! », exprimant ainsi leur mécontentement face à la situation.
Les protestataires dénoncent surtout les coûts d’attribution des espaces commerciaux, qu’elles jugent hors de leur portée. Elles accusent également les responsables de favoriser, selon elles, certains commerçants disposant de moyens financiers plus importants.
« Une partie de ce marché est disponible, mais nous constatons que l’attribution des lieux se fait par favoritisme. On accorde les magasins à des commerçants venus de Madina, dont certains sont prêts à débourser des millions. De notre côté, nous n’en avons pas les moyens », a déploré Alamako Kourouma.
D’après les commerçantes, l’accès à une boutique dans le nouveau marché coûterait entre 2,5 millions et 7 millions de francs guinéens, tandis que la location d’une table serait fixée à 150 000 francs guinéens. Elles évoquent également un coût de 5 000 francs pour l’utilisation des toilettes.
Pour ces femmes, ces montants représentent une charge difficilement supportable, alors que leurs petites activités commerciales constituent leur principale source de revenus pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Face à la colère des manifestantes, Mohamed Tahir Souaré, deuxième vice-président de la délégation spéciale de Matoto, a assuré qu’une solution était en cours de finalisation.
Selon lui, les autorités locales ont déjà sollicité l’intervention de la plus haute autorité afin de revoir la configuration des espaces commerciaux et permettre aux petites commerçantes d’accéder à des locaux à des prix plus abordables.
« Monsieur le Maire avait écrit à la plus haute autorité pour demander à l’investisseur de subdiviser les grands magasins, dont les prix étaient élevés, en de plus petites unités afin d’offrir à nos sœurs des boutiques à moindre coût », a-t-il expliqué.
M. Souaré assure que les travaux de subdivision sont en cours et invite les commerçantes à patienter. « Qu’elles soient rassurées, le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, ne les abandonnera jamais », a-t-il déclaré.
En attendant la finalisation de cette solution, les vendeuses d’Enco 5 restent mobilisées et demandent aux autorités de garantir leur accès à des espaces commerciaux adaptés et financièrement accessibles.
Henriette Mara www.vision224.com

