À l’approche de l’entrée en vigueur de l’interdiction des sachets plastiques, fixée au 20 septembre prochain, les producteurs d’eaux minérales de Guinée se préparent à adapter leurs activités. Cette mesure, qui vise à réduire l’utilisation des emballages plastiques, pourrait toutefois avoir des répercussions sur le marché de l’eau, notamment en raison d’une forte concentration de la demande sur les bouteilles.
Lors d’une conférence de presse tenue vendredi 4 septembre, l’Union des Producteurs d’Eaux Minérales de Guinée (UPEMGUI) a fait part de ses préoccupations, tout en réaffirmant son intention de respecter la décision des autorités.
Le président de l’UPEMGUI, Souleymane Fofana, précise que les producteurs ne s’opposent pas à l’interdiction des sachets. Il rappelle toutefois que le décret concerne spécifiquement ce type d’emballage et que les unités disposant également de lignes de production de bouteilles pourront continuer à produire ces dernières.
« Le décret du président de la République est basé sur les sachets. Donc une usine qui a les deux peut toujours continuer à produire les bouteilles », a-t-il expliqué.
Une possible hausse du prix de l’eau en bouteille
L’une des principales inquiétudes exprimées par l’UPEMGUI concerne l’augmentation potentielle de la demande en bouteilles. Selon Souleymane Fofana, cette situation pourrait entraîner une hausse du prix des matières premières utilisées par les producteurs.
« La rareté fait la valeur », estime-t-il, soulignant que si l’ensemble du marché se tourne vers les bouteilles, les fournisseurs pourraient être amenés à augmenter leurs tarifs.
Dans ce scénario, les producteurs pourraient être contraints de répercuter une partie de cette hausse sur les consommateurs.
« Cela ne dépendra pas de notre volonté, mais ce sera le marché qui va juger, qui va faire sa loi », a prévenu le président de l’UPEMGUI.
L’organisation met également en garde contre un éventuel déficit d’approvisionnement. Les capacités actuelles des unités produisant exclusivement de l’eau en bouteille pourraient, selon elle, ne pas suffire à satisfaire l’ensemble des besoins de la population.
Les producteurs appelés à respecter le décret
De son côté, le premier vice-président de l’UPEMGUI, Moussa Sidibé, assure que les acteurs du secteur ont déjà été sensibilisés à l’entrée en vigueur de la mesure.
Il affirme également que les forces de l’ordre ont commencé à se mobiliser pour faire respecter l’interdiction.
« La parole du chef de l’État doit être respectée », a-t-il insisté, appelant les membres de l’organisation à se conformer strictement à la réglementation.
Moussa Sidibé avertit ainsi les producteurs qui tenteraient de poursuivre la production ou la commercialisation des sachets après la date butoir qu’ils s’exposeraient à des sanctions.
Des démarches engagées auprès des autorités
L’UPEMGUI indique par ailleurs avoir engagé des discussions avec les fabricants de sachets plastiques, également concernés par la mesure. Ces échanges auraient été facilités par la Chambre de commerce et ont permis aux différents acteurs de faire remonter leurs préoccupations.
Des mémorandums ont ensuite été adressés aux autorités, aussi bien par les fabricants de sachets que par les producteurs d’eau minérale.
Cependant, selon l’organisation, les réponses des autorités se font encore attendre alors que l’échéance du 20 septembre approche.
En attendant d’éventuelles précisions ou mesures d’accompagnement, l’UPEMGUI dit privilégier la sensibilisation de ses membres afin de préparer le secteur à l’application effective de l’interdiction.
À ce stade, aucune augmentation officielle du prix de l’eau en bouteille n’est annoncée. L’UPEMGUI prévient néanmoins qu’une forte hausse de la demande en bouteilles, combinée à une éventuelle augmentation du coût des matières premières, pourrait exercer une pression sur les prix dans les prochaines semaines.
Henriette Mara www.vision224.com

