Le groupe américain Wabtec a signé un important contrat de services dans le cadre du projet Simandou en Guinée. Selon l’entreprise, il s’agit du plus important contrat de services jamais conclu par le groupe sur le continent africain. Avec les commandes de locomotives passées en 2024, cet accord porte à plus de 1,2 milliard de dollars l’engagement cumulé de Wabtec dans le projet Simandou.
D’après les autorités guinéennes, le contrat s’étend sur une durée de plus de quatorze ans. Il couvre notamment la maintenance préventive et corrective des locomotives, la révision des pièces et composants, la gestion des pièces de rechange, la logistique, le diagnostic à distance ainsi que la formation des équipes locales.
L’accord comprend également un volet consacré à la localisation des activités et au développement des compétences en Guinée, avec l’objectif de renforcer progressivement les capacités techniques nationales autour des opérations ferroviaires.
Les prestations concerneront la flotte de locomotives ES43AC de Wabtec, équipées de moteurs Evolution Series développant une puissance de 4 500 chevaux. Ces engins sont conçus pour fonctionner dans des environnements d’exploitation particulièrement exigeants, notamment dans les conditions climatiques difficiles de l’est de la Guinée.
Pour Sameer Gaur, président des services fret mondiaux de Wabtec, l’entreprise se dit fière de contribuer à un projet qu’elle considère comme une opportunité de transformation pour la Guinée. Le contrat doit notamment permettre de maximiser la disponibilité, l’efficacité et la fiabilité du parc de locomotives affecté au TransGuinéen.
Du côté guinéen, le président du Conseil d’administration de la Compagnie du TransGuinéen (CTG), Mamoudou Nagnalen Barry, a souligné l’importance stratégique de cette infrastructure ferroviaire. Selon lui, la réussite de son exploitation repose notamment sur l’utilisation de technologies de pointe, un accompagnement technique solide ainsi qu’un engagement en faveur de la localisation et du transfert de technologies.
Le chemin de fer du TransGuinéen doit relier les gisements de minerai de fer de Simandou, situés à l’intérieur du pays, au port de Morébaya, sur la côte guinéenne. Long de plus de 650 kilomètres à double voie, il est destiné au transport du minerai vers les installations portuaires pour son exportation.
Au-delà du transport minier, l’infrastructure doit également accueillir des passagers et des marchandises non minières, faisant du TransGuinéen un projet majeur pour les infrastructures de transport du pays.
Créée en 2022 pour co-développer les infrastructures ferroviaires et portuaires du projet Simandou, la CTG est détenue à 42,5 % par SimFer, le consortium associé à Rio Tinto, à 42,5 % par Winning Consortium Simandou, tandis que l’État guinéen détient les 15 % restants.
La cérémonie de signature s’est tenue en présence d’une délégation guinéenne comprenant notamment le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, ainsi que plusieurs membres du gouvernement chargés du Plan, de l’Enseignement supérieur, de la Fonction publique et de la Santé.
Les États-Unis étaient représentés par William Kimmitt, sous-secrétaire au Commerce international, témoignant de l’intérêt porté par Washington à ce partenariat industriel.
Pour le ministre des Mines, cet accord traduit la volonté de la Guinée de développer des partenariats stratégiques avec des entreprises américaines, afin de bénéficier de technologies répondant aux standards internationaux. Les autorités guinéennes misent ainsi sur le projet Simandou pour générer des retombées économiques durables, tout en renforçant les compétences et les capacités industrielles nationales.
Henriette Mara www.vision224.com

