L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) a fermement condamné mardi ce qu’elle qualifie de « rhétorique nucléaire irresponsable » de la Russie, après la réception d’un document dans lequel Moscou menace de mobiliser « tout son arsenal » si l’Alliance cherchait à isoler l’enclave russe de Kaliningrad.
La porte-parole de l’Otan, Allison Hart, a confirmé que l’Alliance avait reçu le document transmis par les autorités russes et qu’une réponse avait été adressée à Moscou. « Nous condamnons fermement la menace de recours à la force, y compris toute rhétorique nucléaire irresponsable », a-t-elle déclaré.
Dans ce document, dont le contenu a été publié par l’ambassade de Russie à Bruxelles sur le réseau social X, Moscou exprime sa « préoccupation » face à ce qu’elle considère comme des « actions provocatrices » de l’Otan autour de Kaliningrad. La Russie affirme être prête à riposter « avec tout son arsenal » en cas de tentative visant à isoler cette région du reste du territoire russe.
Moscou dénonce notamment une « montée en puissance sans précédent de l’activité militaire de l’Alliance » le long de ses frontières occidentales. La Russie estime que le renforcement militaire de l’Otan constitue une menace directe pour sa sécurité.
Située sur les rives de la mer Baltique, Kaliningrad est une enclave russe séparée du reste de la Fédération de Russie. Anciennement connue sous le nom de Königsberg, elle appartenait à la Prusse orientale avant d’être annexée par l’Union soviétique en 1945. Le territoire est aujourd’hui bordé par la Pologne, la Lituanie et la mer Baltique.
Selon Moscou, toute tentative des pays de l’Otan visant à couper Kaliningrad du reste de la Russie entraînerait une réponse militaire d’ampleur. « La Russie est prête à déployer l’intégralité de son arsenal pour défendre son territoire », affirme le document transmis à l’Alliance.
De son côté, l’Otan fait état d’une recrudescence des attaques hybrides qu’elle attribue à la Russie sur le territoire de plusieurs de ses membres. L’Alliance a renforcé sa présence militaire, notamment sur son flanc oriental, en réponse à ces préoccupations sécuritaires.
Allison Hart a également réaffirmé la position de l’Otan concernant le soutien à l’Ukraine. « L’utilisation de tactiques hybrides par la Russie est un signe de désespoir, mais nous ne serons pas dissuadés de notre soutien à l’Ukraine », a-t-elle déclaré.
Cette nouvelle passe d’armes illustre ainsi la persistance des tensions entre Moscou et l’Otan, sur fond de renforcement militaire dans la région de la mer Baltique et de guerre en Ukraine.
Henriette Mara www.vision224.com

