Le désenclavement de la Moyenne Guinée franchit une nouvelle étape avec l’accélération des préparatifs du projet de réhabilitation et de bitumage de la route reliant Labé, Koubia et Tougué, avec un prolongement vers le fleuve Bafing. Estimé à près de 300 millions d’euros, soit environ 197 milliards de francs CFA, ce chantier prévoit la modernisation de plus de 140 kilomètres de routes ainsi que la construction d’un pont moderne sur le Bafing.
Dans le cadre des préparatifs de ce projet d’infrastructure, une mission technique a été reçue au gouvernorat de Labé le vendredi 9 octobre 2026. Accueillie par le directeur de cabinet, Ciné Magassouba, cette rencontre s’inscrit dans les démarches préalables au lancement effectif des travaux sur le terrain.
L’objectif est de préparer les différentes interventions techniques nécessaires à la réalisation de cette infrastructure stratégique, qui devrait améliorer considérablement les conditions de déplacement dans plusieurs localités de la région.
Des défis géologiques à relever
Chargée des investigations techniques préliminaires, l’entreprise CSE travaille actuellement à la définition d’une méthodologie adaptée aux particularités du tracé. En effet, près de 80 % de l’itinéraire concerné serait constitué de zones cuirassées et rocheuses, une contrainte majeure pour les opérations de terrassement et de construction routière.
Pour anticiper ces difficultés, les premières interventions techniques sont prévues sur l’axe Tarambaly-Koubia. Les ingénieurs envisagent notamment des essais de terrain à l’aide d’une machine de marque TESMEC, spécialement conçue pour intervenir dans des formations rocheuses denses.
Ces tests permettront d’évaluer les performances de cet équipement dans les conditions locales et de déterminer les méthodes les plus appropriées pour poursuivre les travaux. Ils serviront également à étudier les possibilités de valorisation et de réutilisation des débris rocheux issus des opérations, notamment pour les futurs travaux de terrassement.
Cette approche vise à optimiser l’utilisation des ressources disponibles et à mieux maîtriser les contraintes techniques liées à la réalisation du chantier.
Un levier pour l’économie régionale
Au-delà de la construction d’une route et d’un pont, ce projet représente un enjeu important pour le développement économique de la Moyenne Guinée. L’amélioration de la liaison entre Labé, Koubia et Tougué devrait faciliter la circulation des personnes et des marchandises, tout en renforçant l’accès aux zones agricoles et aux localités frontalières.
La modernisation de cet axe routier pourrait également favoriser les échanges commerciaux, réduire les difficultés de transport et améliorer l’accès des populations aux services essentiels.
Pour les acteurs économiques et les habitants des zones concernées, le désenclavement constitue un levier potentiel de dynamisation des activités agricoles, commerciales et sociales.
Un calendrier de démarrage encore attendu
Si le financement annoncé et la présence des équipes techniques témoignent de l’avancement des préparatifs, le calendrier précis du démarrage des travaux de construction proprement dits n’a pas encore été communiqué.
Les prochaines étapes dépendront notamment des résultats des investigations techniques et de la mise au point des méthodes adaptées aux difficultés géologiques du parcours.
En attendant, les populations de la Moyenne Guinée espèrent que ce projet se concrétisera dans les meilleurs délais. Sa réalisation permettrait de renforcer la connectivité entre plusieurs préfectures et de soutenir les perspectives de développement économique de la région.
Henriette Mara pour Vision224.com
