Guinée : la
CONAKRY – Face aux perspectives de croissance liées à l’exploitation de ses importantes ressources naturelles, la Guinée est appelée à faire preuve de lucidité pour éviter le piège de la « malédiction des ressources ». Alors que le pays dispose d’un potentiel minier considérable, notamment avec le projet Simandou, l’enjeu consiste désormais à convertir ces richesses en emplois productifs et en amélioration durable des conditions de vie des populations.
La Banque mondiale souligne que le principal défi de l’économie guinéenne réside dans sa capacité à transformer une croissance économique soutenue en opportunités concrètes pour les citoyens. Pour l’institution de Bretton Woods, la progression des indicateurs économiques ne saurait suffire si elle ne s’accompagne pas d’une création significative d’emplois et d’une meilleure répartition des bénéfices de la croissance.
« Aujourd’hui, l’emploi salarié formel représente une faible part du marché du travail, tandis que la majorité des travailleurs évoluent dans des activités informelles à faible productivité », relève l’institution.
Ce constat met en évidence les défis auxquels la Guinée reste confrontée, malgré l’importance de ses ressources naturelles et les perspectives économiques qu’elles offrent. La création d’emplois durables, le développement du secteur privé et la diversification des activités économiques figurent ainsi parmi les priorités pour favoriser une croissance plus inclusive.
Simandou 2040 au cœur de la stratégie gouvernementale
Pour concrétiser cette ambition, les autorités guinéennes entendent s’appuyer sur le programme Simandou 2040, une stratégie de développement qui s’étend sur quinze ans. À travers ce programme, le gouvernement mise sur la transformation structurelle de l’économie, la diversification des secteurs productifs et une meilleure valorisation des ressources nationales.
L’objectif affiché est de faire en sorte que les retombées de l’exploitation des richesses naturelles dépassent le seul secteur minier pour bénéficier à l’ensemble de l’économie. Cela suppose notamment de renforcer les capacités de production locales, de développer les infrastructures et de favoriser la création d’emplois au profit des jeunes et des populations.
« Il faut s’assurer que la valorisation des richesses naturelles de la Guinée se traduise par des résultats pour nos populations en termes d’emplois et de prospérité », confie un responsable du gouvernement.
Cette orientation traduit la volonté des autorités de faire de l’exploitation des ressources naturelles un levier de développement économique et social, plutôt qu’une source de croissance limitée à quelques secteurs.
Éviter la malédiction des ressources naturelles
La notion de « malédiction des ressources » renvoie au paradoxe de certains pays riches en matières premières qui peinent à convertir leurs ressources en progrès économique et social durable. Une dépendance excessive aux revenus extractifs, une diversification insuffisante de l’économie et des retombées limitées sur l’emploi peuvent freiner le développement à long terme.
Pour la Guinée, l’enjeu est donc de mettre en place une gestion responsable de ses richesses naturelles, tout en favorisant les investissements productifs et le développement des compétences locales.
Les autorités affirment leur engagement à utiliser de manière responsable les ressources dont le pays est doté afin d’améliorer les conditions de vie des populations. La concrétisation de cette ambition dépendra notamment de la capacité à créer des emplois décents, à soutenir les entreprises locales et à faire profiter les différents secteurs de l’économie des revenus générés par l’exploitation minière.
Au-delà des perspectives offertes par Simandou, le défi reste ainsi de faire de la croissance économique un moteur de prospérité partagée. Pour la Guinée, la réussite de cette transformation se mesurera autant à la valorisation de ses ressources qu’aux bénéfices tangibles qu’en tireront les citoyens.
Henriette Mara pour Vision224.com

