Conakry – Nouveau rebondissement dans le bras de fer judiciaire opposant la société Ecobank Guinée aux huissiers de justice Me Sory Daouda Camara et Me Mandjou Sangaré. Ce lundi 12 octobre 2026, la banque, représentée par son directeur juridique adjoint Alexandre Koulémou, a comparu devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) pour livrer sa version des faits dans un litige qui dure depuis plusieurs années.
Les origines du litige : une saisie contestée en 2018 .Selon les déclarations faites à la barre par Alexandre Koulémou, l’affaire remonte à 2018 et découle d’une procédure de saisie que l’institution bancaire a qualifiée d’« irrégulière ». À l’époque, Mandjou Sangaré, aujourd’hui prévenu, exerçait en tant que stagiaire au sein du cabinet de Me Sory Daouda Camara.
Le directeur juridique adjoint a expliqué qu’Ecobank avait exigé du stagiaire la preuve que l’ordonnance de saisie avait bien été signifiée au préalable au débiteur principal. Alors que la banque pensait que l’intervenant s’était retiré pour corriger la procédure et rapporter le document manquant, l’établissement a découvert plus tard qu’il était accusé d’avoir délibérément refusé de recevoir le procès-verbal.
Portée initialement devant le Tribunal de première instance (TPI) de Kaloum, l’affaire aurait révélé une anomalie majeure selon l’établissement financier : l’acte en question aurait été signifié par un huissier non assermenté.
Des millions de dollars en jeu et une escalade judiciaire .Malgré les contestations d’Ecobank, le marathon judiciaire s’est poursuivi jusqu’à la Cour commune de justice et d’arbitrage (CCJA). La haute juridiction sous-régionale a finalement condamné la banque au paiement d’une somme de deux millions de dollars américains.
Cette condamnation a entraîné un commandement de payer, suivi de trois saisies-attributions de créances particulièrement lourdes, visant directement les avoirs financiers ainsi que le parc automobile de la banque.
Une audience sous tension et une demande de renvoi contestée .À la suite de cette déposition détaillée, le juge audiencier a ouvert les débats. La séance a très vite été dominée par une demande de renvoi formulée par l’avocat de la partie civile et soutenue par le ministère public.
Cette requête a provoqué la vive opposition de la défense Les avocats des prévenus ont mis en avant le débrayage actuel de la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée, avertissant qu’un report risquerait de paralyser durablement la suite de la procédure. La Cour devra trancher sur la suite à donner aux débats.
oumou Camara www.vision224.com

