Le Parquet général près la Cour suprême est revenu sur la procédure judiciaire engagée contre l’ancien avocat général Algassimou Diallo, révoqué le 20 août 2026 par le Conseil supérieur de la magistrature. Dans sa communication, le ministère public insiste sur le respect des textes en vigueur et des droits de la défense, tout en rappelant que l’intéressé bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à une décision définitive.
Selon le Parquet général, le Conseil supérieur de la magistrature, siégeant en formation disciplinaire le 20 août 2026, a prononcé la révocation d’Algassimou Diallo pour des « manquements graves aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse et à la dignité de la profession de magistrat ».
À la suite de cette décision disciplinaire, une procédure pénale a été engagée conformément aux dispositions légales en vigueur. Le Bureau de la Cour suprême a ainsi autorisé les poursuites pénales contre l’ancien magistrat, à travers la décision N°17 du 26 août 2026, sur la base des textes régissant le statut des magistrats et le fonctionnement de la haute juridiction.
Dès le lendemain, le 27 août 2026, un réquisitoire a saisi le président de la Première chambre pénale pour des faits présumés de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, et de participation à une association de malfaiteurs », conformément aux articles 963, 313, 784 et 785 du Code pénal.
La défense a exercé ses droits tout au long de la procédure
Dans sa communication, le Parquet général précise qu’Algassimou Diallo a bénéficié de l’assistance de son collectif d’avocats tout au long de l’instruction. Le magistrat instructeur a ensuite rendu, le 3 septembre 2026, une ordonnance de renvoi devant les chambres réunies.
L’ancien magistrat a comparu à plusieurs reprises devant la juridiction, toujours assisté de ses conseils. Au cours de la procédure, sa défense a notamment introduit une demande de récusation visant trois magistrats, ainsi qu’une requête en annulation de l’ordonnance de renvoi.
Ces deux demandes ont été rejetées comme non fondées par les chambres réunies de la Cour suprême, le 15 octobre 2026, à l’issue de débats contradictoires. À la suite de cette décision, les avocats de l’accusé ont choisi de suspendre leur participation aux débats.
Face à cette situation, le Parquet général affirme que la procédure a été conduite dans le strict respect des textes applicables et des droits de la défense. Il réaffirme également que l’ancien avocat général demeure présumé innocent tant qu’aucune décision définitive n’a été rendue à son encontre.
« Monsieur Algassimou Diallo bénéficie de la présomption d’innocence et ce, jusqu’à ce qu’une décision définitive soit rendue », rappelle le ministère public.
Le Parquet général se dit par ailleurs disponible pour entreprendre toute démarche utile auprès des conseils de l’accusé, afin de favoriser une reprise sereine des débats devant la juridiction compétente.
Tout en reconnaissant à la défense le libre exercice de ses droits et de ses choix procéduraux, le ministère public souligne l’importance du respect du principe du délai raisonnable dans le traitement des affaires judiciaires.
« L’exigence d’une justice rendue dans un délai raisonnable profite à toutes les parties, y compris à l’accusé », insiste-t-il.
En conclusion, le Parquet général réaffirme son attachement à l’indépendance de la justice, à l’égalité de tous devant la loi et à la tenue d’un procès équitable. Une position qui, selon lui, doit permettre la poursuite de la procédure dans le respect des garanties judiciaires et des droits de chaque partie.
Henriette Mara www.vision224.com

