Conakry – À quelques jours de l’assemblée générale élective de la Fédération guinéenne de football (FEGUIFOOT), prévue le 27 octobre 2026, les pratiques électorales au sein de l’instance dirigeante du football guinéen suscitent de nouvelles critiques. Invité de l’émission Passion Sports sur Guinee7.com, ce lundi, le journaliste Alhousseiny Sy Savanè a dénoncé les pratiques présumées d’achat de voix et appelé les 53 membres statutaires à privilégier l’intérêt du football guinéen.
Le journaliste n’a pas mâché ses mots. Il a exhorté les membres statutaires à mettre fin aux pratiques de marchandage des voix, qu’il considère comme un obstacle au développement du football national.
« Aux membres statutaires, je souhaiterais vraiment leur dire qu’ils n’ont qu’à arrêter la vente des voix, qu’on arrête le troc, la voix contre le blé (l’argent). Nous, on en a marre », a-t-il déclaré au cours de l’émission.
Pour illustrer ses accusations, Alhousseiny Sy Savanè a évoqué les difficultés qu’aurait rencontrées une équipe désireuse de présenter une candidature à la présidence de la FEGUIFOOT. Selon son témoignage, les démarches entreprises pour obtenir les parrainages nécessaires auraient été accompagnées de demandes financières.
« Lorsqu’on a commencé les démarches pour se faire parrainer, je préfère taire les noms des clubs, mais on nous a parlé d’un montant de 10 millions. (…) Pour parrainer notre candidature, on vous demande 10 millions », a-t-il affirmé, précisant que cette somme aurait été réclamée par club.
Ces déclarations, qui mettent en cause les pratiques entourant le processus électoral, relancent le débat sur la transparence et la crédibilité des élections au sein de la fédération. Toutefois, les faits évoqués relèvent, à ce stade, du témoignage du journaliste.
Les membres statutaires face à leurs responsabilités
Au-delà de la question de l’achat présumé de voix, le journaliste estime que les membres statutaires portent une part importante de responsabilité dans la situation actuelle du football guinéen. Selon lui, les crises à répétition au sein de la FEGUIFOOT, les difficultés des clubs et les performances insuffisantes du pays sur la scène internationale devraient inciter les électeurs à revoir leurs choix.
« Aujourd’hui, si le football guinéen ne va pas bien, si la FEGUIFOOT est tout le temps en crise, si, à l’international, la Guinée n’est pas représentée et si, dans les clubs, ça ne va pas, ce sont eux, les membres, qui sont responsables », a-t-il soutenu.
Pour Alhousseiny Sy Savanè, l’élection des dirigeants de la fédération ne devrait pas se résumer à des négociations financières ou à des intérêts particuliers. Elle devrait plutôt permettre de choisir des responsables capables de proposer des solutions concrètes aux difficultés du football national.
Une élection décisive pour l’avenir du football guinéen
À moins d’une semaine du scrutin du 27 octobre, les 53 membres statutaires se retrouvent ainsi au cœur des interrogations sur l’avenir de la FEGUIFOOT. Leur choix sera déterminant pour la gouvernance de l’institution et les perspectives de développement du football guinéen.
Reste à savoir si les électeurs accorderont davantage de poids aux projets, aux programmes et à la capacité des candidats à redresser le football national, ou si les pratiques dénoncées continueront d’entacher la crédibilité du processus électoral.
À travers son intervention, Alhousseiny Sy Savanè lance un appel à la responsabilité des électeurs : faire de cette échéance un véritable tournant pour le football guinéen, en privilégiant l’intérêt collectif plutôt que les arrangements financiers.
Henriette Mara www.vision224.com

