Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mamadou Cellou Baldé, a salué la contribution des jeunes à la préservation de la paix et de l’entente nationale en Guinée. Il a également mis en avant les initiatives des autorités en faveur du développement des infrastructures sportives et de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes. Toutefois, ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par les préoccupations liées aux droits humains et aux libertés publiques.
Pour illustrer les avancées enregistrées dans le secteur sportif, le ministre a cité le Parc national ainsi que le terrain de proximité de Wanindara, récemment inaugurés par les autorités. Selon lui, ces équipements traduisent la volonté des pouvoirs publics de promouvoir la pratique sportive et de répondre aux attentes de la jeunesse guinéenne.
Au-delà des infrastructures, Mamadou Cellou Baldé a surtout insisté sur la situation sociopolitique du pays, en remerciant les jeunes pour leur contribution à la stabilité nationale.
« Nous remercions la jeunesse pour la paix dans le pays et l’entente », a-t-il déclaré.
Pour le ministre, l’accalmie observée ces dernières années ne relève pas uniquement des initiatives de l’État. Elle serait également liée à la compréhension et à l’adhésion d’une partie de la jeunesse aux démarches entreprises par les autorités.
Il a notamment évoqué l’absence de manifestations d’envergure au cours de cette période ainsi que le déroulement de plusieurs consultations électorales, qu’il considère comme des signes de stabilité.
« C’est vrai que l’État a eu des initiatives, que l’État a travaillé, mais c’est parce que les jeunes ont compris, ils ont accepté », a-t-il affirmé.
L’entrepreneuriat, une alternative à la fonction publique
Dans son intervention, le ministre a également souligné l’importance de l’entrepreneuriat dans les perspectives professionnelles des jeunes. Selon lui, l’accès à la fonction publique ne constitue plus la seule voie pour réussir sa vie professionnelle.
Il estime que la liberté d’initiative permet désormais aux jeunes de créer leurs propres activités et de contribuer au développement économique du pays.
« Aujourd’hui, beaucoup n’ont pas besoin d’être engagés à la fonction publique parce qu’il y a la liberté d’initiatives. Ils créent de mini-entreprises pour réussir ici », a-t-il soutenu.
Dans la même dynamique, Mamadou Cellou Baldé a présenté la Guinée comme « un paradis, une terre de richesse et d’innovation », mettant ainsi en avant le potentiel économique du pays et les possibilités offertes aux jeunes désireux d’entreprendre.
Les droits humains, un autre défi pour la jeunesse
Si les autorités mettent en avant les infrastructures sportives, l’entrepreneuriat et la contribution des jeunes à la stabilité nationale, la situation sociopolitique guinéenne reste également marquée par des préoccupations liées aux violences survenues lors de manifestations ces dernières années.
Dans un bilan publié en avril 2024, Amnesty International faisait état d’au moins 47 personnes tuées lors de manifestations sous le régime du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), à la date du 22 avril 2024.
Selon l’organisation de défense des droits humains, plus de 75 % des victimes avaient moins de 25 ans, tandis que 40 % étaient âgées de moins de 18 ans. Amnesty International signalait également de nombreuses personnes grièvement blessées lors de manifestations, dans des circonstances impliquant des individus identifiés comme membres des forces de sécurité.
Ces données soulignent les difficultés auxquelles une partie de la jeunesse guinéenne a été confrontée et mettent en lumière les attentes qui dépassent les seules questions d’infrastructures et d’opportunités économiques.
La protection des droits humains, la liberté de manifester, la sécurité des citoyens et la participation des jeunes à la vie publique demeurent des enjeux importants dans le débat national.
Entre perspectives économiques et libertés publiques
Les déclarations de Mamadou Cellou Baldé mettent en évidence la volonté des autorités de valoriser les initiatives en faveur de la jeunesse et de reconnaître son rôle dans la préservation de la paix.
Cependant, les données publiées par Amnesty International rappellent que l’épanouissement des jeunes ne dépend pas uniquement de l’accès aux infrastructures sportives ou de la possibilité de créer une entreprise.
Il repose également sur la protection de leurs droits fondamentaux, leur sécurité et leur capacité à participer librement à la vie citoyenne.
Entre les ambitions de développement affichées par les autorités et les préoccupations persistantes en matière de libertés publiques, la jeunesse guinéenne demeure ainsi au cœur des enjeux économiques, sociaux et politiques du pays.
Henriette Mara www.vision224.com

