Le soutien des autorités aux artistes ne devrait pas se substituer à la participation du public. C’est la position défendue par le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, qui plaide pour une nouvelle approche dans l’accompagnement des spectacles et des événements musicaux en Guinée.
Pour le ministre, le recours systématique aux achats de billets par les autorités, notamment lorsque le président de la République intervient pour soutenir un concert, risque d’installer progressivement une dépendance préjudiciable à l’économie du spectacle.
« Lorsque les gens savent que le président ou une autre personnalité va acheter les tickets, ils peuvent finir par ne plus ressentir le besoin de dépenser leur propre argent pour assister aux spectacles. Cela tue l’industrie musicale et ce n’est pas bon pour les jeunes rappeurs ni pour les autres artistes », a-t-il expliqué.
Moussa Moïse Sylla estime ainsi que les pouvoirs publics doivent privilégier des mécanismes d’accompagnement qui encouragent la consommation culturelle et responsabilisent davantage le public. Selon lui, la multiplication des achats institutionnels ne saurait constituer une solution durable aux difficultés rencontrées par les acteurs du secteur musical.
Évoquant l’expérience de la Côte d’Ivoire, le ministre suggère de s’inspirer d’autres approches pour bâtir un environnement musical plus dynamique et économiquement viable.
L’objectif, à travers cette vision, est de faire évoluer le soutien de l’État vers un modèle permettant aux artistes de vivre davantage des revenus générés par leurs productions et de la mobilisation de leurs propres publics.
Une orientation qui remet au centre du débat la question de la viabilité économique de l’industrie musicale guinéenne et de la place du public dans son développement.
Henriette Mara pour Vision224.com
