La justice guinéenne connaît une importante réorganisation à la suite du décret présidentiel signé le 21 octobre 2026 par le général Mamadi Doumbouya. Entre le 26 et le 30 octobre, plusieurs cérémonies de passation de service et d’installation de nouveaux responsables judiciaires se sont tenues dans différentes juridictions du pays, marquant une nouvelle étape dans la recomposition de l’appareil judiciaire national.
L’un des changements majeurs concerne la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Le mercredi 28 octobre 2026, à Conakry, le magistrat Mamadou Saliou Diakité a officiellement pris ses fonctions de président de cette juridiction spécialisée, devenant ainsi le troisième responsable à occuper ce poste depuis sa création en décembre 2021.
Au cours de la cérémonie solennelle organisée dans la salle d’audience de la CRIEF, il a reçu le témoin de son prédécesseur, Francis Kova Zoumanigui. L’installation a également été marquée par la prise de fonction des magistrats nouvellement affectés à la chambre des appels de la Cour.
Présidant la cérémonie, l’Inspecteur général des services judiciaires et pénitentiaires, Sékou Ibrahima Soumah, a rappelé les missions fondamentales de cette juridiction. Il a notamment insisté sur la nécessité pour la CRIEF de se consacrer exclusivement à la moralisation de la gestion des finances publiques, afin que les richesses nationales profitent à l’ensemble des citoyens.
Il a également mis en garde contre toute utilisation abusive de cette institution, soulignant qu’elle ne doit être ni un instrument de règlement de comptes ni un moyen d’enrichissement personnel pour ses acteurs. Sa vocation, a-t-il rappelé, reste le traitement des contentieux liés à la gestion des deniers publics.
Des changements à la tête des juridictions de l’intérieur
La réorganisation a également touché plusieurs juridictions de l’intérieur du pays. Au Tribunal de première instance (TPI) de Kindia, le magistrat Mamoudou Diakité a été installé dans ses fonctions de président le mardi 27 octobre 2026. Il succède à Ousmane Sylla, désormais promu à la Cour d’appel de Conakry.
À cette occasion, le président sortant a attiré l’attention de son successeur sur la complexité des dossiers domaniaux, particulièrement récurrents dans cette juridiction et souvent longs à traiter.
Pour sa part, Mamoudou Diakité a pris l’engagement de travailler en étroite collaboration avec les magistrats et les autres acteurs judiciaires afin d’accélérer le traitement des affaires criminelles et foncières. Il a également annoncé sa détermination à faire face à la criminalité.
À Kissidougou, le parquet a également connu un changement de direction avec l’installation de Cécé Roger Kolié au poste de procureur. Il remplace Aboubacar Kourouma, nommé à la Cour d’appel de Kankan.
Dans son intervention, le procureur sortant a présenté le bilan de ses onze mois de gestion, faisant état de 351 dossiers traités. Son successeur a, quant à lui, insisté sur l’importance d’une collaboration étroite avec les populations pour garantir une justice équitable.
Mandiana : Alpha Bacar Cissé promet une justice accessible à tous
À Mandiana, le Tribunal de première instance a également enregistré l’arrivée d’un nouveau procureur. Alpha Bacar Cissé a officiellement pris ses fonctions le 27 octobre 2026, en remplacement d’Aboubacar Soumah, appelé à diriger le tribunal de Kankan.
Dans son discours d’installation, le nouveau procureur a pris l’engagement de promouvoir une justice gratuite, intègre et accessible à tous, sans distinction de rang social.
Il a également annoncé une lutte ferme contre plusieurs phénomènes préoccupants dans la préfecture, notamment l’orpaillage anarchique, le vol de bétail et les violences. Pour Alpha Bacar Cissé, l’application de la loi devra se faire avec rigueur et sans négociation.
À travers ces différentes nominations et installations, la justice guinéenne amorce une nouvelle phase de réorganisation. Reste désormais à voir comment les nouveaux responsables traduiront leurs engagements en actions concrètes au service des justiciables et du renforcement de l’État de droit.
Henriette Mara www.vision224.com

