Conakry, 1er novembre 2026 – La Guinée célèbre ce dimanche le 68e anniversaire de la création de son Armée nationale. Instituée le 1er novembre 1958, quelques semaines seulement après la proclamation de l’indépendance, le 2 octobre 1958, l’armée guinéenne constitue l’une des premières institutions de souveraineté mises en place par la jeune République. De ses premiers bataillons aux réformes engagées ces dernières années, retour sur près de sept décennies d’histoire militaire et sur les hommes qui ont successivement dirigé son état-major général.
1958 : naissance de l’Armée guinéenne
Au lendemain de l’indépendance, le président Ahmed Sékou Touré engage le processus de constitution d’une armée nationale capable de défendre l’intégrité territoriale et de garantir la souveraineté du nouvel État.
Le 3 octobre 1958, le capitaine Noumandian Kéita est nommé secrétaire d’État à la Défense nationale, rattaché à la présidence de la République.
Le 1er novembre 1958, les premières unités de l’Armée guinéenne sont constituées sous sa responsabilité. Elles comptent initialement 737 hommes, dont 50 sous-officiers et 687 militaires du rang.
Cette première force est ensuite renforcée par le retour de plusieurs contingents de militaires guinéens ayant servi dans l’armée française. Trois contingents rejoignent notamment Conakry les 22 novembre 1958, 31 décembre 1958 et 18 juillet 1959.
L’ordonnance officielle portant création de l’Armée nationale sera signée le 16 décembre 1958. La date du 1er novembre demeure toutefois celle retenue pour la célébration de son anniversaire.
Les hommes qui ont dirigé l’état-major général depuis 1958 .Depuis sa création, l’Armée guinéenne a connu plusieurs chefs d’état-major général, qui se sont succédé à la tête de son commandement.
Voici les principales personnalités recensées et leurs périodes de fonction :
Général Noumandian Kéita (1958-1971).
Général Namory Kéita (1971-1977).
Général Toya Condé (1977-1984).
Chef de bataillon Ousmane Sow (1984-1986).
Chef de bataillon Abou Camara (1986-1988).
Colonel Finando Tidiane Camara (1988-1992).
Capitaine de vaisseau Sanoussy Condé (1992-1995).
Colonel Oumar Soumah (1995-1996).
Colonel Ibrahima Sory Diallo (1996-2000).
Général Kerfalla Camara (2000-2007).
Général Diarra Camara (2007-2008).
Colonel Oumar Sanoh (2008-2010).
Général Nouhou Thiam (2010).
Général Souleymane Kèlèfa Diallo (2010-2013).
Général Namory Traoré (2013-2021).
Général Sadiba Koulibaly (12 octobre 2021-9 mai 2023).
Général Ibrahima Sory Bangoura (depuis le 9 mai 2023).
Cette succession est notamment documentée par les archives de la presse guinéenne. Certaines publications présentent toutefois des différences dans le décompte et les noms de responsables ayant exercé durant les périodes de transition.
Une armée présente dans les grandes étapes de l’histoire nationale
Au fil des décennies, l’Armée guinéenne a occupé une place importante dans l’évolution politique et institutionnelle du pays.
Sous la Première République, dirigée par le feu président, Ahmed Sékou Touré, elle participe à la consolidation de la souveraineté nationale. Elle prend également part à plusieurs mouvements de libération sur le continent africain, notamment en Angola, au Congo, au Mozambique et en Guinée-Bissau.
Elle intervient aussi dans des opérations de maintien de la paix au Liberia et en Sierra Leone, contribuant aux efforts régionaux de stabilisation.
Après le décès du président Ahmed Sékou Touré, en 1984, l’armée se retrouve au cœur des changements politiques qui conduisent à l’arrivée au pouvoir du général Lansana Conté.
En décembre 2008, à la suite du décès de Lansana Conté, un nouveau changement de régime intervient sous la conduite du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD).
Le 5 septembre 2021, un autre tournant politique majeur se produit avec la prise du pouvoir par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), dirigé par le colonel Mamadi Doumbouya, devenu par la suite général.
Depuis 2021 : modernisation et restructuration des forces armées
Depuis l’arrivée du CNRD au pouvoir, plusieurs initiatives de restructuration et de modernisation des forces armées ont été annoncées.
Elles concernent notamment le renforcement des capacités opérationnelles, l’acquisition d’équipements militaires, la construction et la rénovation d’infrastructures dans les garnisons, ainsi que le développement de la formation militaire.
La création de nouvelles structures de formation, le renforcement des effectifs et l’amélioration des conditions de vie des militaires figurent également parmi les axes annoncés par les autorités.
À la tête de l’état-major général depuis le 9 mai 2023, le général Ibrahima Sory Bangoura assure le commandement militaire sous l’autorité du chef suprême des armées.
Soixante-huit ans après sa création, l’Armée guinéenne poursuit ses missions fondamentales : défendre l’intégrité territoriale, protéger les populations, préserver la souveraineté nationale et contribuer à la stabilité du pays.
Cette célébration du 1er novembre 2026 constitue également une occasion de rendre hommage aux pionniers de l’institution, aux différentes générations de militaires ainsi qu’à ceux qui ont perdu la vie dans l’accomplissement de leurs missions.
Des premiers 737 hommes constitués en 1958 aux forces armées d’aujourd’hui, l’histoire de l’armée guinéenne reste intimement liée à celle de la République de Guinée.
Joyeuse fête de l’Armée guinéenne !
Henriette Mara pour Www.Vision224.Com
