Le ministre des infrastructures et des travaux publics, Sékou Laye Camara, a livré un diagnostic sans complaisance sur l’État du réseau routier guinéen et les difficultés structurelles auxquelles son département est confronté dans la mise en œuvre des projets.
Selon lui, de nombreuses routes se trouvent aujourd’hui dans un état de dégradation avancée , tandis que d’autres sont en cours de reconstruction ou restent bloquées au stade des études. Une situation qui alimente l’impatience et la frustration des populations confrontées aux lenteurs et aux interruptions des chantiers.
Malgré l’existence d’une organisation administrative relativement étoffée ,comprenant directions, agence fonds et offices, le ministre reconnaît que la coordination et l’efficacité global » demeurent insuffisant » pour répondre aux besoins du pays . Il déplore notamment la dégradation rapide de certaines routes récemment construites alors qu’un ouvrage correctement réalisé devrait avoir une durée de vie comprise entre 10 et 15 ans.
L’absence d’un entretien régulier a selon lui conduit à la détérioration complète de plusieurs axes routiers obligeant l’Etat à engager des travaux de reconstruction coûteux au lieux d’une simple opération de maintenance. Cette faiblesse en matière de maintenance préventive à particulièrement affecté des axes stratégiques tels que Boké ,ou le corridor Mamou- Labé.
Il poursuit qu’en milieu urbain , il pointe du doigt l’occupation anarchique des emprises routières, les constructions illégales et le manque de planification urbaine qui compliquent fortement les projets d’élargissement et de modernisation des voies. Il met également en garde contre les insuffisances dans le contrôle de la qualité des ouvrages notamment en béton lorsque la formulation et la mise en œuvre ne font pas objet d’un suivi rigoureux.
Abordant la question des retards enregistrés sur certains projets, le ministre les attibues à plusieurs facteurs dont les contentieux liées à la passation des marchés, à l’image du lot 3 Labé- Mali, les difficultés d’indemnisation affectées ainsi que les contraintes liées au déplacement des réseaux d’eau, d’électricité et de fibre optique. L’indemnisation tardive ou insuffisamment anticipée des personnes impactées constitue selon lui l’une des principales causes de blocage des chantiers.
Sur le plan financier, le ministre Sékou Laye Camara, reconnaît que l’entretien routier a longtemps souffert d’un manque de ressources accélérant le dégradation des infrastructures. Il note également que les partenaires techniques et financiers se sont principalement concentrés sur les routes nationales, au détriment des routes préfectorales et rurales pourtant essentielles pour désenclavement et la mobilité des populations.
Par ailleurs, le ministre des travaux publics a insisté sur le fait que le respect des délais contractuels dépend étroitement de plusieurs éléments clés. La qualité des études, la régularité des paiements et l’efficacité du suivi administratif et technique.
Henriette Mara

