Le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a présenté une nouvelle circulaire de politique pénale, qu’il qualifie d’outil stratégique destiné à moderniser l’administration de la justice et à renforcer la lutte contre les nouvelles formes de criminalité en Guinée.
Selon le garde des Sceaux, cette initiative s’inscrit dans la vision du président Mamadi Doumbouya, qui place « la refondation de l’État, la restauration de l’autorité publique, la moralisation de la gouvernance et la lutte contre l’impunité au cœur de l’action » des autorités.
Le ministre a salué la présence du Premier ministre Bah Oury à cette conférence, estimant qu’elle témoigne de la volonté du gouvernement de faire de la justice un levier essentiel de consolidation de l’État de droit, de protection des citoyens, de sécurité juridique et de transformation institutionnelle du pays. Il a rappelé que, devant le Conseil national de la Transition (CNT), le 25 mars 2026, le chef du gouvernement avait réaffirmé son ambition de bâtir une justice « indépendante, performante, accessible, crédible et capable d’accompagner les profondes mutations économiques, sociales et institutionnelles de la Guinée ».
S’appuyant sur l’article 37 du Code de procédure pénale, qui confie au ministre de la Justice la conduite de la politique pénale définie par le gouvernement, Ibrahima Sory II Tounkara a expliqué avoir élaboré cette première circulaire dès sa prise de fonction.
Selon lui, ce document répond aux exigences de la Septième République et vise à adapter la justice aux réalités actuelles, marquées par l’essor de nouvelles formes de délinquance. Il a notamment cité la cybercriminalité, la criminalité économique et financière, le blanchiment de capitaux, les fraudes fiscales, la corruption, les détournements de fonds publics impliquant les cryptomonnaies, ainsi que la traite des personnes, le trafic de migrants, le trafic de drogue et les atteintes à l’environnement.
Le garde des Sceaux a précisé que cette circulaire constitue une véritable feuille de route destinée à harmoniser les pratiques des parquets et à garantir une réponse pénale conforme aux lois nationales et aux engagements internationaux de la Guinée. Elle met l’accent sur une lutte résolue contre toutes les formes de criminalité, le renforcement d’une réponse pénale ferme, rapide et efficace, une meilleure protection des victimes, ainsi que la promotion de l’égalité de tous devant la loi.
S’adressant directement aux magistrats du ministère public, le ministre les a invités à appliquer avec rigueur les orientations contenues dans cette circulaire. « La crédibilité de la justice dépend de votre capacité à apporter des réponses pénales rapides, lisibles et prévisibles », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les parquets, les services d’enquête et l’ensemble des acteurs de la chaîne pénale afin d’améliorer le traitement des dossiers.
Enfin, Ibrahima Sory II Tounkara a exhorté les procureurs à développer une communication institutionnelle responsable et proactive, estimant qu’une meilleure information des citoyens sur l’action du parquet est indispensable pour renforcer la confiance du public dans la justice et mettre en valeur le travail quotidien des magistrats.
Henriette Mara www.vision224.com

