KINDIA – Le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, à travers l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI), a officiellement lancé, mercredi 15 juillet 2026 à Kindia, le processus de numérisation des archives de l’état civil. Placée sous le thème « Un Guinéen, une identité juridique et numérique », cette réforme ambitionne de moderniser le système d’état civil, de lutter contre la fraude documentaire et d’assurer une identification fiable et sécurisée de tous les citoyens.
À cette occasion, le Directeur général de l’ONECI, Kemoko Dioubaté, a souligné que cette initiative permettra de mettre un terme aux multiples actes de naissance détenus par certaines personnes.
« Nous voulons mettre fin aux faux actes. Aujourd’hui, certains citoyens possèdent plusieurs extraits de naissance. Avec la numérisation, chaque Guinéen disposera d’un seul numéro identifiant qui l’accompagnera durant toute sa vie. Cela renforcera la crédibilité de nos documents et sécurisera les droits des citoyens dans une base de données nationale », a-t-il déclaré.
De son côté, la Directrice générale des élections, Djenabou Touré, a indiqué que cette réforme favorisera la création d’un registre national permanent des personnes physiques, facilitera l’actualisation continue des listes électorales et contribuera au renforcement de la sécurité nationale.
« Nous lançons aujourd’hui à Kindia le processus de numérisation des archives de l’état civil. Cette opération permettra de mettre en place un registre national des personnes physiques, de garantir l’inscription permanente sur les listes électorales et de lutter contre la fraude documentaire qui constitue un véritable fléau dans notre pays », a-t-elle affirmé.
La Directrice générale des élections a également attiré l’attention sur les défis liés à l’immigration clandestine et à la sécurisation des documents d’identité.
« Des personnes viennent en Guinée, obtiennent frauduleusement des documents guinéens et se présentent à l’étranger comme des citoyens guinéens. Cette réforme permettra de mieux contrôler la délivrance des actes d’identité et de renforcer la sécurité, notamment dans un contexte marqué par la montée du terrorisme dans la sous-région », a expliqué Djenabou Touré.
Selon elle, la numérisation apportera également des bénéfices concrets aux citoyens. En cas de perte d’un document d’état civil, celui-ci pourra être rapidement retrouvé grâce à son archivage dans une base de données nationale sécurisée.
Elle a précisé qu’à partir de l’âge de 10 ans, chaque citoyen sera enregistré dans le registre national avec ses données biométriques. À 18 ans, son inscription sur les listes électorales sera automatiquement effectuée, garantissant ainsi l’unicité de son identité et la fiabilité du fichier électoral.
Enfin, Djenabou Touré a invité les maires et les conseillers communaux à s’investir pleinement dans la mise en œuvre de cette réforme, qu’elle considère comme une étape décisive dans la modernisation de l’administration publique et la sécurisation de l’identité des citoyens guinéens.
Le processus de numérisation des archives de l’état civil sera progressivement déployé dans les 33 préfectures du pays ainsi que dans les 13 communes de Conakry, marquant une avancée majeure vers la digitalisation des services publics en Guinée.
Henriette Mara www.vision224.com

