CARACAS – Les autorités vénézuéliennes ont annoncé vendredi la libération de 131 personnes détenues pour des faits présumés ou avérés liés à des infractions prévues par la législation nationale. Cette annonce intervient au lendemain d’un engagement de l’opposition en faveur de la libération des prisonniers politiques.
Dans un communiqué, le gouvernement a indiqué avoir accordé à ces détenus des « mesures alternatives à la privation de liberté ». Parmi les personnes libérées figure Emirlendris Benitez, une commerçante de 45 ans accusée d’avoir été impliquée dans l’attentat au drone visant l’ancien président Nicolás Maduro.
Selon des organisations de défense des droits humains et des avocats, Emirlendris Benitez aurait subi des actes de torture ainsi que des traitements cruels et dégradants durant sa détention, qui auraient notamment entraîné une fausse couche.
Le directeur de l’ONG Foro Penal, Alfredo Romero, a confirmé sa libération sur le réseau social X. L’organisation avait régulièrement dénoncé les conditions de détention de personnes considérées comme des prisonniers politiques.
L’opposition appelle à poursuivre les libérations
La cheffe de la délégation de l’opposition dans les négociations avec le gouvernement, Dinorah Figuera, s’est félicitée de cette première vague de libérations et a appelé les autorités à poursuivre le processus.
« Continuons à réclamer sans relâche jusqu’à ce que chaque citoyen retrouve sa famille », a-t-elle écrit sur X.
Pour les proches des détenus, ces libérations constituent une avancée, mais l’objectif demeure la libération de l’ensemble des prisonniers politiques. « L’objectif est la liberté pleine et entière, sans condition, la liberté pour tous », a déclaré Ángeles Tirado, proche de plusieurs détenus.
Des images diffusées par le Comité pour la liberté des prisonniers politiques montrent également un groupe de détenus libérés de la prison d’El Rodeo I, située à la périphérie de Caracas et régulièrement dénoncée par des défenseurs des droits humains pour les conditions qui y règnent.
Un dialogue sans María Corina Machado
Ces libérations interviennent dans le cadre d’un dialogue engagé entre une partie de l’opposition et le pouvoir vénézuélien, avec le soutien de Washington.
La principale figure de l’opposition, María Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et actuellement exilée au Panama, ne participe pas aux discussions. Elle n’a pas été invitée aux négociations, mais a indiqué qu’elle ne chercherait pas à entraver le processus.
Les discussions portent notamment sur la réforme du système judiciaire. Les deux parties sont convenues de poursuivre les travaux visant à réformer la législation relative à la Cour suprême et à permettre la nomination de l’ensemble de ses juges.
Elles ont également décidé d’unir leurs efforts pour récupérer environ 30 tonnes d’or vénézuélien actuellement gelées au Royaume-Uni dans le cadre des sanctions.
La libération des 131 détenus marque ainsi une première étape dans ce processus de dialogue, alors que l’opposition réclame désormais des mesures plus larges et la libération de toutes les personnes qu’elle considère comme détenues pour des raisons politiques.
Henriette Mara www.vision224.com

