Conakry, 18 août 2026 — Plus d’un mois après son placement sous mandat de dépôt, l’ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Aladji Cellou Camara, a été transféré nuitamment à la prison de Coyah. Poursuivi notamment pour des faits présumés de détournement de deniers publics, de corruption et d’enrichissement illicite, l’ancien patron de l’OGP reste toujours dans l’attente d’une nouvelle étape dans la procédure engagée contre lui.
Aladji Cellou Camara est détenu depuis le 9 juillet 2026, date à laquelle il avait été placé sous mandat de dépôt avec plusieurs de ses anciens collaborateurs. Cinq de ces derniers ont, depuis, bénéficié d’une liberté provisoire.
La procédure judiciaire connaît toutefois une chronologie particulièrement mouvementée. Trois jours avant son incarcération, le 6 juillet, la Chambre de l’instruction avait placé l’ancien directeur général sous contrôle judiciaire. Il avait ensuite fait l’objet d’une procédure en flagrant délit, avant que le dossier ne soit finalement renvoyé devant un juge d’instruction pour l’ouverture d’une information judiciaire.
Cette succession de procédures alimente les interrogations dans certains milieux judiciaires, d’autant que le montant exact du préjudice présumé n’a pas été clairement établi publiquement à ce stade.
Au-delà des aspects judiciaires, la situation financière de l’OGP au moment de la prise de fonction d’Aladji Cellou Camara est également évoquée dans le dossier.
Lorsqu’il prend les commandes de l’établissement en décembre 2024, l’Office guinéen de publicité traverse une situation financière particulièrement difficile. Selon les données figurant dans le procès-verbal de passation, l’OGP cumulait près de 80 milliards de francs guinéens de dettes, auxquels s’ajoutaient environ six mois d’arriérés de salaires.
Dix-huit mois plus tard, le bilan présenté au départ de l’ancien directeur général faisait état de près de 14 milliards de francs guinéens de dettes anciennes apurées, de 14 milliards de francs guinéens de taxes reversées à l’État et d’une trésorerie positive estimée à 13 milliards de francs guinéens au 30 juin 2026. Il était également indiqué qu’aucune nouvelle dette n’avait été contractée durant cette période.
Ces éléments ne sauraient, à eux seuls, exonérer un responsable public d’une éventuelle obligation de rendre compte de sa gestion. Ils soulèvent toutefois la question de la délimitation des responsabilités entre les différentes équipes ayant dirigé l’établissement au fil des années.
Depuis son placement sous mandat de dépôt le 9 juillet, Aladji Cellou Camara a passé plus d’un mois en détention. À ce jour, aucune audience au fond permettant de trancher les accusations portées contre lui n’a été publiquement annoncée.
Les vacances judiciaires en cours pourraient également contribuer à ralentir l’évolution du dossier.
En attendant une éventuelle nouvelle décision de justice, l’ancien directeur général de l’OGP demeure privé de liberté et reste présumé innocent jusqu’à une éventuelle condamnation définitive.
Une question demeure donc en suspens : quelle sera la prochaine étape judiciaire dans l’affaire Aladji Cellou Camara et, plus largement, dans le dossier concernant la gestion de l’Office guinéen de publicité ?
Henriette Mara www.vision224.com

