À quelques jours du retour du Syli National à domicile, l’engouement autour de la rencontre Guinée-Kenya, prévue le 1er octobre 2026 au Stade du 28-Septembre, est déjà perceptible à Conakry. Mais au-delà de l’enjeu sportif, c’est surtout le prix des billets qui alimente les discussions parmi les supporters.
Cette rencontre compte pour la deuxième journée des éliminatoires de la CAN PAMOJA 2027. Pour permettre au public d’assister au match, plusieurs catégories de tickets ont été annoncées : 100 000 francs guinéens pour les gradins, 200 000 francs pour le milieu, 300 000 francs pour la tribune couverte, tandis que la catégorie Premium atteint 2 millions de francs guinéens.
Ces tarifs suscitent de nombreuses réactions dans la capitale. Sur les réseaux sociaux comme dans les rues de Conakry, certains supporters jugent les montants particulièrement élevés, notamment pour le ticket d’entrée fixé à 100 000 francs.
« J’aime beaucoup le Syli et j’avais prévu d’aller au stade, mais avec 100 000 francs pour le ticket le moins cher, il faut vraiment réfléchir avant de dépenser cette somme », témoigne Fodé Bangaly Touré, rencontré à Kaloum.
Même constat pour Alhassane Condé, qui estime que la question ne concerne pas uniquement la catégorie Premium.
« Ce n’est pas seulement les 2 millions qui posent problème. Quand on regarde les différents prix, on constate que toutes les catégories sont relativement chères pour beaucoup de Guinéens », explique-t-il.
Pour plusieurs citoyens, l’équipe nationale étant un symbole qui rassemble l’ensemble du pays, les tarifs devraient favoriser une forte mobilisation populaire.
« L’équipe nationale appartient à tout le peuple. Le prix des billets devrait permettre au plus grand nombre de supporters de venir encourager le Syli National, et non transformer le stade en un luxe réservé à une minorité. 2 000 000 FG pour un match de l’équipe nationale, est-ce vraiment raisonnable ? », s’interroge un autre supporter.
Mais tous ne partagent pas cette lecture. Certains internautes estiment que les prix pourraient aussi répondre à des impératifs liés à la sécurité et à la gestion de l’affluence dans le stade.
Thierno Oumar avance notamment l’hypothèse que cette politique tarifaire pourrait contribuer à limiter une trop forte affluence et à prévenir d’éventuels débordements.
« Peut-être que c’est pour empêcher l’envahissement du terrain, pour ne pas que la CAF nous retire immédiatement l’homologation. Au Sénégal, des joueurs peuvent acheter des tickets au profit des supporters », estime-t-il.
À quelques jours du coup d’envoi, le débat reste donc ouvert entre la volonté de remplir les tribunes pour soutenir le Syli National et les préoccupations liées au pouvoir d’achat des supporters. Le match Guinée-Kenya s’annonce ainsi comme un rendez-vous sportif très attendu, mais également comme un sujet de discussion au-delà du terrain.
Henriette Mara www.vision224.com

