Le ministère des Mines et de la Géologie engage une nouvelle étape dans la réforme de la gouvernance minière en Guinée. Sous le leadership du ministre Bouna Sylla, le gouvernement entend renforcer la maîtrise nationale des ressources aurifères, accroître les réserves de change et favoriser la mobilisation des recettes minières au profit de l’économie nationale.
Le 1er octobre 2026, sur instruction du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, le ministre Bouna Sylla a réuni les sociétés aurifères industrielles et semi-industrielles ainsi que les responsables de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Au centre des échanges : la mise en place d’un nouveau mécanisme d’acquisition directe de l’or produit dans le pays.
Selon les orientations présentées lors de cette rencontre, la BCRG pourra désormais acquérir, pour le compte de l’État guinéen, jusqu’à 30 % de l’or produit par les compagnies minières concernées. Les transactions seront effectuées en francs guinéens, tandis que les quantités acquises seront enregistrées dans le compte métal de la Banque centrale.
À travers ce mécanisme, les autorités ambitionnent de renforcer les réserves de change du pays et de permettre à l’État de détenir directement une partie de la production aurifère nationale.
Cette initiative intervient dans un contexte où l’or occupe une place importante dans l’économie guinéenne. En 2025, la production nationale a dépassé 2,2 millions d’onces, selon les données communiquées dans le cadre de cette réforme.
Au-delà de l’acquisition directe de l’or, le gouvernement entend également renforcer le rapatriement des recettes issues des exportations minières vers le système bancaire national.
À cette occasion, le ministre Bouna Sylla a rappelé aux sociétés minières leur obligation de rapatrier au moins 50 % de leurs recettes d’exportation. Les autorités envisagent par ailleurs de relever ce taux à un niveau compris entre 60 % et 70 %, afin d’accroître la disponibilité des devises dans le circuit bancaire guinéen.
L’objectif affiché est de renforcer les capacités financières du pays et de mobiliser davantage de ressources pour soutenir le financement du développement socio-économique.
La réforme prévoit également une accélération de la transformation locale des ressources aurifères. Dans cette perspective, la mise en service annoncée de la Nimba Gold Refinery constitue une étape importante du dispositif envisagé.
Cette infrastructure doit permettre le raffinage et le titrage de l’or en Guinée, offrant ainsi au pays la possibilité de valoriser davantage sa production sur le territoire national.
La mise en place d’une capacité locale de raffinage pourrait également contribuer à renforcer la traçabilité de l’or et à développer une chaîne de valeur minière plus intégrée.
Pour assurer la mise en œuvre du mécanisme, une commission technique réunissant le ministère des Mines et de la Géologie, la BCRG et les sociétés minières a déjà été mise en place.
Cette structure est chargée de définir les conditions commerciales des acquisitions, les modalités de paiement ainsi que les délais de livraison. Ces travaux doivent permettre de préciser les conditions pratiques d’application du dispositif et de faciliter sa mise en œuvre auprès des opérateurs concernés.
À travers cette réforme, les autorités guinéennes affichent leur volonté de renforcer la souveraineté économique du pays sur ses ressources aurifères. La réussite du mécanisme dépendra notamment de ses modalités d’application, de la collaboration avec les compagnies minières et de sa capacité à produire des retombées concrètes pour l’économie nationale.
Henriette Mara pour Vision224.com

