À Lélouma, les échelles de Djinkan et de Singandé comptent parmi les sites touristiques les plus prisés de la région. Ces impressionnants ouvrages naturels attirent régulièrement de nombreux jeunes, filles et garçons, venus de différentes localités, notamment de Labé, pour découvrir ces paysages exceptionnels.
Cependant, derrière l’attrait touristique se cache une réalité beaucoup plus difficile pour les populations locales. Pour les habitants de plusieurs villages, les échelles constituent également des voies de passage indispensables pour rallier leurs localités.
L’accès aux deux sites reste particulièrement éprouvant. Aux échelles de Djinkan, les visiteurs doivent marcher pendant près d’une heure avant d’atteindre le site. À Singandé, la situation est davantage compliquée en saison des pluies, avec la boue qui rend le parcours glissant et difficile. Malgré ces conditions, la curiosité des visiteurs demeure intacte.
Pour les populations de Sanama, Dantaba Condé, Niguerè et Kentè Kirikouré, ces passages représentent surtout des axes de circulation quotidiens. Pendant longtemps, des échelles en bois installées par les villageois permettaient de franchir les montagnes. Mais ces installations présentaient d’importants risques d’accidents.
Récemment, une personne de bonne volonté, qui a souhaité garder l’anonymat, a financé la construction de nouvelles échelles en fer. Une initiative saluée par les habitants, qui estiment que ces équipements réduisent considérablement les risques de chute. Dans le passé, plusieurs personnes avaient malheureusement perdu la vie sur les anciennes échelles de Singandé.
Habitante de Dantaba Condé, Hadiatou Diallo explique les difficultés auxquelles sont confrontées les populations au quotidien.
« Nous sommes aux échelles de Djinkan. Je suis de Dantaba Condé. Nous partons à Djinkan, c’est notre route et c’est ici qu’on connaît. Avant, c’étaient des échelles en bois qui étaient ici. Maintenant, ce sont des échelles en fer. Nous demandons une route qui soit meilleure que ce qui est là. Ce n’est pas facile de passer, surtout quand on a un bagage sur la tête. Nous remercions le Bon Dieu pour ces échelles en fer », témoigne-t-elle.
Une autre habitante de Dantaba Condé, Rougayatou Diallo, insiste également sur le caractère indispensable de cette voie.
« C’est la seule route pour venir chez nous. Chaque jour, on passe par ici. Nous demandons de l’aide pour avoir une autre route », plaide-t-elle.
Malgré une fine pluie qui s’abattait sur Djinkan et Singandé, les visiteurs continuaient de se rendre sur les deux sites. Distants d’une quinzaine de kilomètres, ces deux joyaux naturels restent ainsi des destinations prisées, autant pour leur beauté que pour leur caractère spectaculaire.
Pour les habitants, toutefois, l’enjeu dépasse largement le tourisme. Ils souhaitent la réalisation d’une véritable route permettant de faciliter leurs déplacements quotidiens et de désenclaver les villages situés au pied des montagnes.
Henriette Mara www.vision224.com

