Poursuivi depuis 2022 par le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) pour des faits de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux portant sur environ 15 milliards de francs guinéens, l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana a été fixé sur son sort par la juridiction d’appel.
Le 2 juillet 2026, la Chambre des appels de la CRIEF, présidée par le juge Daye Mara, l’a déclaré non coupable de détournement de deniers publics. En revanche, l’ancien chef du gouvernement a été reconnu coupable d’enrichissement illicite et condamné à trois ans et neuf mois d’emprisonnement — une peine entièrement purgée selon ses conseils, compte tenu du temps déjà passé en détention.
Un état de santé jugé préoccupant, si le volet judiciaire principal touche à sa fin, la santé de l’homme politique demeure au cœur des inquiétudes, son avocat, Me Sidiki Bérété, alerte sur la persistance de ses ennuis de santé depuis son transfert initial à la Clinique Pasteur, ordonné par l’ancien procureur spécial Aly Touré.
« C’est toujours le même état depuis qu’il a été évacué par le procureur d’alors, Aly Touré, à la Clinique Pasteur. Le mal est toujours là. La pathologie développée persiste », a précisé Me Bérété.
Bien qu’il ne se trouve plus à la Clinique Pasteur, un nouvel emplacement propice a été identifié pour permettre à son médecin traitant d’assurer une surveillance continue. Toutefois, la défense estime que les infrastructures locales ne suffisent plus. « Il faut qu’il soit évacué pour bénéficier des soins adéquats, par des spécialistes, avec un plateau approprié », insiste son conseil.
Aujourd’hui, le principal frein à cette prise en charge spécialisée à l’étranger reste juridique. Bien que remis en liberté, Ibrahima Kassory Fofana demeure visé par une interdiction de quitter le territoire national.
Sa défense sollicite désormais auprès du procureur Charles Wright la mainlevée de cette restriction afin de finaliser l’évacuation sanitaire. Pour Me Sidiki Bérété, l’ancien Premier ministre a soldé ses comptes avec la justice :« Même la peine qu’on lui a infligée à tort, il l’a purgée. Donc, il n’a plus de dettes vis-à-vis de la société.
La décision du parquet concernant cette mesure restrictive constitue désormais l’étape clé qui déterminera si l’ancien chef du gouvernement pourra, ou non, aller se faire soigner à l’étranger.
Henriette Mara www.vision224.com

