Les travaux de démolition de la passerelle piétonne de Bonfi ont effectivement démarré ce jeudi, avec une importante mobilisation d’engins sur le chantier. L’ouvrage, dont l’état de dégradation inquiétait depuis plusieurs semaines, est en cours de destruction sur décision des autorités afin de prévenir tout risque d’effondrement.
Dans un communiqué publié il y a quelques heures, AGEROUTE Guinée a indiqué que cette intervention fait suite à des constats techniques ayant révélé une détérioration avancée de la passerelle. L’entreprise précise que les opérations de démolition se dérouleront principalement durant la nuit afin de limiter les perturbations de la circulation sur cet axe très fréquenté.
Sur le terrain, la fermeture de la passerelle bouleverse cependant les habitudes des riverains. Faute d’alternative immédiate, de nombreux piétons sont contraints de traverser directement l’autoroute, s’exposant à de graves dangers en raison de l’intensité du trafic.
Présent sur les lieux, N’fa Moussa, membre du syndicat des transporteurs, affirme que les usagers ont été surpris par le lancement des travaux et regrette le manque d’information.
« Les gros porteurs ont commencé à casser le pont. Cela fait environ deux semaines qu’il est endommagé. Des machines étaient déjà venues pour tenter de le bétonner, mais sans succès. Ici, c’est un axe où la circulation est très dense. Il va falloir que l’État nous aide. Pour le moment, nous n’avons reçu aucune assistance. Ce matin, en arrivant, nous avons découvert les travaux. Aucune annonce ne nous avait été faite. Nous avons même suspendu la vente des billets pour aider les gens à traverser. Les conducteurs laissent difficilement passer les piétons. Nous voyons les engins le long de l’autoroute, mais nous ne savons toujours pas comment les travaux vont évoluer. Nous sommes exposés au danger. On ne peut même plus s’abriter sous le pont lorsqu’il pleut, tellement les piliers sont fissurés », a-t-il déclaré.
Les habitants de Bonfi expriment également leur inquiétude face aux difficultés de déplacement. Pour certains, notamment les personnes vulnérables, la situation est devenue particulièrement éprouvante.
Une femme enceinte rencontrée sur place témoigne de son quotidien depuis le début des travaux.
« Nous souffrons aujourd’hui à Bonfi. Nous traversons très difficilement, pourtant nous n’avons pas d’autre choix puisque c’est notre quartier. Il faut que les travaux avancent rapidement. Certains sont obligés de passer par le Niger. Il y a des personnes âgées, des enfants… Regardez-moi, je suis enceinte. Nous sommes contraints de prendre des risques ou de contourner en prenant un véhicule jusqu’au marché de Gbessia. Si un accident arrivait, les conducteurs penseraient que nous refusons d’utiliser la passerelle, alors qu’elle est inutilisable. Ce matin, je n’étais même pas informée des travaux. Je l’ai appris avec surprise et, après plusieurs allers-retours, j’ai même le vertige », confie-t-elle.
Face aux traversées dangereuses observées sur l’autoroute, les forces de sécurité ont été déployées aux abords du chantier. Des policiers ont installé des barrières pour empêcher les piétons d’emprunter ces passages improvisés et limiter les risques d’accidents, en attendant la poursuite des travaux et la mise en place de solutions adaptées pour les populations concernées.
Henriette Mara www.vision224.com

