Hasard du calendrier ou ironie de l’histoire ? Alors que la Confédération africaine de football (CAF) réunit ses dirigeants au Cap-Vert, le Tribunal arbitral du sport (TAS) examine à Lausanne, en Suisse, le dossier controversé de la finale Sénégal-Maroc. Deux rendez-vous qui replacent au centre de l’actualité les questions de gouvernance, de pouvoir et d’application des règles dans le football africain. Au cœur de cette séquence figure notamment Augustin Senghor, ancien premier vice-président de la CAF et dirigeant du football sénégalais.
Avant les élections au Conseil de la FIFA, Augustin Senghor occupait plusieurs fonctions importantes au sein de l’instance africaine. Il était notamment premier vice-président de la CAF, membre de son Comité exécutif et responsable de la commission juridique. Sa candidature au Conseil de la FIFA apparaissait ainsi comme celle d’un dirigeant disposant d’une expérience significative dans les instances du football.
Pourtant, le scrutin ne lui a pas été favorable. Le Sénégalais n’a obtenu que 13 voix sur les 54 suffrages possibles et n’a pas intégré le Conseil de la FIFA.
À l’issue de cette élection, Augustin Senghor avait dénoncé ce qu’il considérait comme un mécanisme de vote organisé à l’avance. « Il y avait ce qu’on appelle un système de vote bloqué. Il y avait les consignes derrière. C’est quelque chose qui a été préparé à l’avance », avait-il déclaré.
Selon les informations rapportées par Botola, une réunion impliquant plusieurs futurs membres du Conseil de la FIFA aurait précédé le scrutin, avec pour objectif présumé de faire barrage au candidat sénégalais. Ces éléments soulèvent des interrogations sur les rapports de force au sein des instances internationales du football, même si les accusations évoquées nécessitent des éléments de confirmation indépendants.
Quelques mois plus tard, le football sénégalais se retrouve au centre d’un autre dossier majeur : le contentieux lié à la finale Sénégal-Maroc.
Alors que la rencontre s’était achevée sur le terrain, une décision de la CAF a ensuite attribué la victoire au Maroc sur forfait, déclenchant une contestation du côté sénégalais. Le Sénégal a alors saisi le Tribunal arbitral du sport afin de contester cette décision.
La procédure devant le TAS constitue désormais une étape déterminante pour les parties concernées. Les arbitres devront examiner les éléments du dossier et apprécier la conformité de la décision contestée aux règles applicables.
Pour le Sénégal, l’enjeu dépasse le seul résultat sportif. Il concerne également la manière dont les instances du football interprètent leurs règlements et prennent des décisions susceptibles de modifier l’issue d’une compétition.
La concomitance des deux rendez-vous attire l’attention. D’un côté, la CAF réunit au Cap-Vert les représentants des 54 fédérations nationales africaines. De l’autre, le TAS se penche sur une décision de l’instance continentale qui touche directement le Sénégal, pays d’Augustin Senghor.
Cette situation remet en lumière les relations complexes entre les dirigeants, les fédérations nationales et les institutions chargées de garantir le respect des règles du football.Toutefois, la proximité de ces événements ne suffit pas à établir un lien direct entre les élections au Conseil de la FIFA et le contentieux Sénégal-Maroc. Elle offre néanmoins un contexte dans lequel les questions de gouvernance et de transparence prennent une importance particulière.
À Lausanne comme au Cap-Vert, l’attention se porte ainsi sur les mécanismes de décision, l’interprétation des règlements et la responsabilité des instances dirigeantes.
Au-delà du verdict attendu dans le dossier Sénégal-Maroc, c’est aussi la crédibilité des institutions du football africain et leur capacité à garantir des décisions conformes aux règles qui se trouvent au centre des débats.
Saloun Touré www.vision224.com

