L’Inspecteur général des services judiciaires et pénitentiaires, Sékou Ibrahima Soumah, a insisté sur la nécessité de faire de la moralisation des finances publiques une priorité dans le fonctionnement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Il a rappelé que cette institution a été créée pour lutter contre les dérives dans la gestion des ressources publiques et veiller à ce que les richesses du pays profitent à l’ensemble des Guinéens.
« Nous savons tous la raison de la création de cette institution, de cette cour : c’est la moralisation des finances publiques », a-t-il déclaré dans son allocution.
S’interrogeant sur la répartition des richesses nationales, Sékou Ibrahima Soumah a souligné le paradoxe entre le potentiel économique de la Guinée et les conditions de vie d’une partie de sa population. « C’est vrai que notre pays est très riche, mais cette richesse, est-ce qu’elle profite à l’ensemble de ces pauvres Guinéens ? », s’est-il interrogé.
S’adressant particulièrement au nouveau président de la CRIEF, Mamadou Saliou Diakité, il a mis en garde contre toute instrumentalisation de la justice à des fins personnelles ou politiques. Pour lui, la juridiction ne doit ni servir à enrichir ses acteurs ni devenir un outil de règlement de comptes.
« Cette juridiction n’est pas là pour s’enrichir. La justice, la CRIEF, est là pour moraliser les finances publiques de l’État. Ce n’est pas un règlement de comptes non plus », a-t-il martelé.
L’Inspecteur général des services judiciaires et pénitentiaires a également insisté sur la spécificité de cette cour, dont les missions portent sur les infractions économiques et financières liées notamment à la gestion des ressources publiques. Il a ainsi invité son nouveau président à tenir compte des particularités de cette juridiction dans l’exercice de ses fonctions.
« Cette juridiction n’est pas comme les juridictions ordinaires. Il y a une spécificité ici. Il s’agit de gérer les gens qui sont en conflit avec la gestion des finances publiques », a-t-il précisé.
À travers ces recommandations, Sékou Ibrahima Soumah a rappelé les principes qui doivent guider l’action de la CRIEF : rigueur, impartialité, responsabilité et respect des exigences de la justice. Un appel qui place la moralisation des finances publiques au cœur des attentes envers cette institution judiciaire, appelée à contribuer à une gestion plus transparente des ressources de l’État.
Henriette Mara www.vision224.com
