La Guinée entend renforcer les investissements dans son secteur agricole afin de valoriser son potentiel de production et de contribuer à la transformation de son économie. C’est dans cette perspective que le ministre de l’Agriculture, Félix Lamah, a présenté les ambitions du pays lors d’une table ronde organisée dans le cadre de la 14ᵉ reconstitution des ressources du Fonds international de développement agricole (FIDA14).
Cette rencontre a permis aux autorités guinéennes de mettre en avant les progrès réalisés ces dernières années dans le développement agricole, tout en soulignant les besoins de financement nécessaires pour accélérer la modernisation du secteur, conformément aux orientations du Programme Simandou 2040.
Devant les participants, Félix Lamah a rappelé les efforts consentis par le gouvernement pour améliorer les conditions de production, faciliter l’accès aux zones agricoles et renforcer les capacités des exploitants.
« La Guinée aborde cette table ronde, forte d’acquis concrets. Ces dernières années, nos investissements massifs ont permis de désenclaver des bassins de production, de sécuriser la maîtrise de l’eau sur des milliers d’hectares et d’équiper significativement nos exploitations en machines modernes », a-t-il déclaré.
Le ministre a également insisté sur l’importance du renforcement du capital humain, notamment à travers l’accompagnement des ménages agricoles et la promotion de l’autonomisation économique des femmes et des jeunes en milieu rural.
Selon lui, des centaines de milliers de ménages et d’exploitants ont bénéficié d’un encadrement destiné à améliorer leurs capacités de production et à favoriser leur participation au développement économique du pays.
Le financement du « premier kilomètre » au cœur des priorités
Malgré les avancées enregistrées, la transformation du potentiel agricole guinéen reste conditionnée à une mobilisation accrue des ressources financières. Pour Félix Lamah, les investissements doivent notamment cibler le « premier kilomètre », qui regroupe les moyens et les services essentiels permettant aux producteurs d’améliorer leur productivité.
Cette approche vise à garantir aux communautés rurales un accès effectif à l’eau, aux intrants agricoles de qualité, à la mécanisation, au conseil rural, au crédit adapté ainsi qu’aux infrastructures de stockage.
« Financer le premier kilomètre, c’est garantir que l’accès à l’eau, aux intrants de qualité, à la mécanisation, au conseil rural, au crédit adapté et aux infrastructures de stockage devienne une réalité tangible pour nos communautés paysannes », a expliqué le ministre.
À travers cette démarche, la Guinée souhaite renforcer les bases de son développement agricole, améliorer les conditions de vie des populations rurales et accroître la capacité des exploitations à répondre aux besoins alimentaires du pays.
L’agriculture, un levier stratégique pour Simandou 2040
L’ambition affichée par les autorités guinéennes s’inscrit dans la vision du Programme Simandou 2040, qui entend soutenir la transformation structurelle de l’économie nationale et diversifier les sources de croissance.
Dans ce contexte, le développement agricole apparaît comme un enjeu majeur pour réduire la dépendance aux importations alimentaires, stimuler la création d’emplois et favoriser une croissance plus inclusive.
La mobilisation de financements supplémentaires, notamment auprès des partenaires au développement, constitue ainsi un levier important pour consolider les acquis et accélérer la modernisation du secteur.
La participation de la Guinée à cette table ronde du FIDA14 représente donc une occasion de défendre ses priorités agricoles et de rechercher des ressources susceptibles de soutenir durablement les producteurs, les femmes et les jeunes ruraux.
Henriette Mara pour Vision224.com

