Conakry – Le procès relatif à la fraude présumée lors du concours de recrutement des auditeurs de justice, organisé samedi dernier à Conakry, s’est ouvert ce mercredi 12 août 2026 devant le tribunal de première instance de Dixinn. Parmi les prévenus figurent Sékou Keïta, conseiller en communication et porte-parole du ministère de la Justice et des Droits de l’homme, ainsi que Maciré Camara, candidate audit concours.
À l’audience, Maciré Camara a été la première à livrer sa version des faits. Elle a expliqué que les candidats avaient été fouillés par les surveillants avant leur accès aux salles d’examen, laissant entendre que les mesures de contrôle avaient été appliquées dès le départ.
Prenant ensuite la parole, Sékou Keïta a indiqué qu’il intervenait dans le cadre de ses fonctions de superviseur du concours. Selon lui, il s’est rendu dans plusieurs salles après avoir constaté l’absence d’eau dans certains locaux.« Je suis tombé sur une salle où il n’y avait pas d’eau. J’ai apporté de l’eau dans plusieurs salles parce que plusieurs personnes me l’ont demandé », a-t-il déclaré devant le tribunal, insistant sur le fait qu’il n’avait « aucune prétention » ni intention frauduleuse.
Le porte-parole du ministère a soutenu que toutes ses actions se déroulaient en présence des surveillants, des autres superviseurs et des gardes pénitentiaires postés dans les couloirs du centre d’examen.
Revenant plus précisément sur les faits reprochés dans la salle 16, Sékou Keïta a affirmé que la candidate Maciré Camara lui avait demandé de lui apporter de l’eau. Il dit être sorti acheter deux bidons d’eau placés dans un sachet, ajoutant qu’à son retour, le directeur général du centre lui aurait demandé l’un des bidons.
Selon ses explications, il aurait ensuite montée second bidon jusqu’à la salle 16 et demandé l’autorisation du surveillant avant de le déposer sur une table, à proximité de la candidate concernée.
« Tout ce que je faisais se passait en présence des surveillants, des autres superviseurs ainsi que des gardes pénitentiaires », a-t-il réaffirmé devant la barre.
Sékou Keïta a également contesté son placement sous mandat de dépôt, estimant qu’il remplissait « toutes les conditions prévues par la loi pour ne pas être incarcéré ».
L’affaire continue de susciter une vive attention, compte tenu de la qualité des personnes impliquées et de la sensibilité du concours concerné. À l’heure où nous mettons sous presse, les débats se poursuivent devant le tribunal de première instance de Dixinn, qui devra déterminer si les faits reprochés relèvent d’une véritable tentative de fraude ou d’un simple acte d’assistance matérielle envers des candidats.
Henriette Mara www.vision224.com

