Le gouvernement guinéen entend apporter une réponse progressive au déficit d’enseignants dans les établissements scolaires du pays. Pour y parvenir, les autorités ont annoncé le recrutement de 6 000 nouveaux enseignants. Une initiative qui vise à renforcer les effectifs du système éducatif et à améliorer les conditions d’apprentissage des élèves, notamment dans les régions de l’intérieur.
C’est au lycée Amilcar Cabral de Mamou que la ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Mme Bintou Keita, a présidé le lancement des premières épreuves de ce concours de recrutement. À cette occasion, elle a salué une initiative gouvernementale qu’elle considère comme une avancée importante pour le secteur éducatif.
Selon la ministre, l’arrivée de ces nouveaux enseignants devrait contribuer à renforcer les capacités des établissements scolaires, confrontés depuis plusieurs années à un manque de personnel. Elle a également insisté sur la nécessité de mieux répartir les enseignants sur l’ensemble du territoire national.
Un recrutement pour renforcer les régions de l’intérieur
Au-delà du nombre de postes à pourvoir, le gouvernement souhaite également répondre aux difficultés de répartition des enseignants entre Conakry et les régions administratives. La ministre a notamment déploré la tendance de certains agents à privilégier la capitale, au détriment des établissements situés à l’intérieur du pays.
« Cet impact, c’est aussi au niveau des régions. Parce que nous avons une problématique, c’est que nous recrutons des enseignants et des enseignants qui, après, ne veulent pas rester dans les régions et veulent être tous à Conakry », a-t-elle expliqué.
Pour Mme Bintou Keita, la mobilisation des candidats autour de ce concours constitue un signal encourageant. Elle y voit une opportunité de renforcer les effectifs disponibles et de mieux répondre aux besoins des écoles, conformément à la volonté des autorités guinéennes.
La ministre a ainsi salué l’engagement du chef de l’État et du chef du gouvernement en faveur de cette opération de recrutement, qu’elle considère comme une étape importante dans les efforts de renforcement du système éducatif.
Un déficit encore loin d’être comblé
Si le recrutement de 6 000 enseignants représente un effort significatif, il ne permettra toutefois pas de résoudre entièrement le problème du manque de personnel dans les établissements scolaires guinéens.
La ministre a reconnu que les besoins restent largement supérieurs au nombre de postes annoncés. Sans avancer de chiffres précis, elle a assuré que le gouvernement entend poursuivre les recrutements au cours des prochaines années.
« Nous avons un déficit qui est bien plus grand que les 6 000. Je ne vais pas donner de chiffres parce que je ne veux pas de débats sur les chiffres. Donc, pour ce qui nous concerne, nous savons que les 6 000 sont une première étape, une continuation d’étapes passées, et on va continuer les années subséquentes, c’est-à-dire 2027, 2028, 2029 », a-t-elle indiqué.
L’objectif affiché est de constituer progressivement un vivier d’enseignants et d’enseignantes capables de répondre durablement aux besoins des établissements scolaires. À terme, les autorités souhaitent éviter que des élèves se retrouvent dans des salles de classe sans encadrement pédagogique.
Cette démarche devrait donc s’inscrire dans la durée, avec de nouveaux recrutements envisagés pour les prochaines années, afin de réduire progressivement le déficit d’enseignants et d’améliorer l’accès à une éducation de qualité sur l’ensemble du territoire national.
La ministre appelle les candidats à la sérénité
S’adressant aux candidats engagés dans le concours, Mme Bintou Keita les a invités à aborder les épreuves avec calme, concentration et confiance. Elle a notamment rappelé que le questionnaire à choix multiples exige avant tout une bonne compréhension des questions et une capacité à faire les bons choix, sans céder à la pression.
« Je leur ai demandé d’être très sereins, de respirer beaucoup, parce que c’est un questionnaire à choix multiples. Pour arriver avec une réponse spécifique, ils n’ont pas besoin d’être dans une logique de stress. Il faut se concentrer », a-t-elle conseillé.
La ministre a également tenu à rappeler la différence entre un concours et un examen, soulignant que le recrutement repose sur un seuil de sélection, indépendamment du nombre de candidats présents.
À travers cette opération, le gouvernement guinéen affiche ainsi son ambition de renforcer les ressources humaines du secteur éducatif. Toutefois, au-delà du recrutement annoncé, le défi consistera à assurer une répartition équitable des enseignants, à fidéliser le personnel dans les régions et à poursuivre les efforts engagés pour répondre aux besoins réels des écoles guinéennes.
Henriette Mara www.vision224.com

