Les premières pluies de la saison hivernale, tombées dans la nuit du lundi 4 mai 2026, ont mis à nu une fois de plus le problème persistant de l’insalubrité dans la capitale guinéenne, Conakry. Dès les premières heures de la matinée, plusieurs quartiers de la ville ont offert un spectacle peu reluisant, mêlant eaux stagnantes, ordures ménagères et caniveaux obstrués.
Dans des zones comme Matoto, Ratoma ou encore Matam, les fortes précipitations ont rapidement transformé certaines rues en véritables marécages. Les caniveaux, souvent remplis de déchets plastiques et autres immondices, n’ont pas pu assurer l’évacuation des eaux de pluie, provoquant ainsi des inondations localisées. Par endroits, les habitants ont été contraints de se frayer un chemin à travers des eaux sales, parfois chargées de détritus.
Cette situation relance le débat sur la gestion des déchets et l’urbanisation anarchique dans la capitale. Malgré les multiples campagnes d’assainissement lancées ces dernières années, les résultats peinent à être visibles sur le terrain. Le manque de civisme, combiné à une insuffisance de moyens logistiques pour la collecte des ordures, continue d’aggraver la situation.
Les conséquences sanitaires inquiètent également. La stagnation des eaux usées favorise la prolifération des moustiques et expose les populations à des maladies comme le paludisme, le choléra ou encore les infections cutanées. Les centres de santé redoutent déjà une hausse des cas dans les semaines à venir si des mesures urgentes ne sont pas prises.
Face à cette urgence, plusieurs citoyens appellent les autorités à renforcer les systèmes de drainage et à intensifier les opérations de curage des caniveaux. Ils plaident également pour une sensibilisation accrue de la population afin de lutter contre le dépôt anarchique des déchets.
À l’aube de cette nouvelle saison des pluies, la question de l’insalubrité reste un défi majeur pour Guinée. Sans une action concertée entre autorités et citoyens, les mêmes scènes risquent de se répéter, au détriment du cadre de vie et de la santé publique.
Henriette Mara www.vision224.com

