La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur la gestion financière des examens nationaux en Guinée, couvrant la période allant de 2010 à 2026.
La procédure a été initiée par le Procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, dans une correspondance datée du 15 septembre 2026 et adressée au Directeur central de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF).
Les investigations portent notamment sur des soupçons de détournement de deniers publics, de corruption et d’enrichissement illicite liés à l’organisation du Certificat d’études élémentaires (CEE), du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et du baccalauréat unique.
Selon les éléments cités dans la correspondance, plusieurs opérations auraient généré d’importantes ressources financières. Il s’agit notamment de 5,724 milliards de francs guinéens au titre des cartes spéciales examens, de 8,585 milliards GNF pour les frais de diplômes et relevés de notes, de 618,120 millions GNF concernant la légalisation des diplômes et de 5,724 milliards GNF pour les photos spéciales examens.
La CRIEF veut notamment déterminer la destination exacte de ces différentes ressources et vérifier si elles ont été régulièrement reversées au Trésor public, conformément aux règles de la comptabilité .
La correspondance du parquet cite également le Directeur général des Examens, Mamadi Keita, ainsi que certains cadres de son service. Les enquêteurs devront notamment procéder à des vérifications sur le patrimoine de certains responsables, notamment concernant des biens immobiliers et des établissements scolaires privés mentionnés dans le document.
Les investigations ne devraient pas se limiter à la session 2026. Le parquet demande aux enquêteurs de remonter jusqu’en 2010, afin d’examiner la gestion financière du secteur sur une période de seize années.
Parmi les domaines ciblés figurent le paiement des primes de surveillance et des indemnités des correcteurs, le transport et la sécurisation des malles de sujets, ainsi que l’acquisition d’équipements numériques et d’outils destinés à assurer la traçabilité des élèves.
La juridiction souhaite également examiner la gestion des ressources affectées aux infrastructures scolaires et les différentes opérations financières liées à l’organisation des examens nationaux.
Un autre volet de l’enquête concerne l’Agence nationale de financement de l’éducation (ANAFE). D’après la correspondance du parquet, une enveloppe de plus de 150 millions d’euros aurait été mobilisée en septembre 2026 pour la reconstruction d’infrastructures scolaires.
La CRIEF demande également que l’utilisation de ces fonds fasse l’objet de vérifications afin d’en établir la destination et la conformité avec les procédures financières en vigueur.
À ce stade, les faits évoqués constituent des soupçons faisant l’objet d’investigations judiciaires et ne sauraient être considérés comme définitivement établis. L’enquête devra permettre de déterminer s’il existe effectivement des infractions, d’en identifier les éventuels responsables et, le cas échéant, d’établir les montants concernés.
Le parquet spécial a enfin insisté sur le caractère confidentiel de la procédure. Les enquêteurs de l’ORDEF sont appelés à effectuer les premières vérifications sous la supervision du Procureur spécial près la CRIEF.
Henriette Mara www.vision224.com

