Le ministre de l’Élevage, Alpha Bacar Barry, a lancé les travaux de construction des premières boucheries modernes dans le Grand Conakry. Inscrite dans la vision de développement du président Mamadi Doumbouya, à travers le programme Simandou 2040, cette initiative vise à améliorer les conditions de travail des bouchers, à renforcer l’hygiène dans la commercialisation de la viande et à protéger la santé des consommateurs.
La Guinée amorce une nouvelle étape dans la modernisation de sa filière bétail-viande. À l’initiative du président de la République, Mamadi Doumbouya, le ministère de l’Élevage a engagé la construction de boucheries modernes répondant aux normes internationales. La première phase du projet concerne le Grand Conakry, où treize infrastructures sont annoncées.
Pour marquer le démarrage des travaux, le ministre de l’Élevage, Alpha Bacar Barry, a effectué une tournée sur les différents sites retenus. La visite a débuté à 10 heures à Tombo, dans la commune de Kaloum, avant de se poursuivre à Sanoyah, Manéah, Kagbélen et Sonfonia. La première journée s’est achevée à Lambanyi à 15 h 20.
Sur chacun des sites, les cérémonies ont été ponctuées de prières et de bénédictions formulées par les sages et les responsables religieux des localités concernées, avant la pose des premières pierres et le lancement officiel des travaux.
Simandou 2040 au cœur de la modernisation du secteur
Prenant la parole au cours de cette tournée, le ministre Alpha Bacar Barry a inscrit le projet dans la vision de développement portée par le chef de l’État, notamment à travers le programme Simandou 2040.
Selon lui, cette initiative vise à doter les communes guinéennes d’infrastructures modernes permettant de renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur de l’élevage, conformément aux standards internationaux.
« C’est dans le cadre de la vision du président de la République, Simandou 2040, de doter nos communes, structures et localités d’infrastructures et de la chaîne de valeur de l’élevage de qualité, aux standards et aux normes internationaux, dans les communes de Conakry et dans d’autres communes de l’intérieur du pays », a-t-il expliqué.
À Conakry, treize boucheries modernes sont prévues. Elles permettront notamment de relocaliser les bouchers qui exercent actuellement dans des conditions précaires et de favoriser une meilleure organisation de la profession.
Pour le département de l’Élevage, l’objectif ne se limite pas à la construction de nouveaux bâtiments. Il s’agit également de professionnaliser le métier de boucher grâce à la formation, à la mise à disposition d’équipements adaptés et à l’amélioration des conditions sanitaires de vente de la viande.
« À Conakry, il y a 13 boucheries que nous allons implanter afin que l’on puisse relocaliser les bouchers actuellement installés, mais aussi être dans une professionnalisation du métier de boucher. Mais aussi apporter de la formation, des équipements et surtout, ce qui est plus important, garantir à nos populations une viande de qualité, bien protégée, dans des conditions d’hygiène, de santé et de sécurité optimales », a précisé le ministre.
Des infrastructures adaptées aux exigences sanitaires
Les futures boucheries modernes comprendront plusieurs espaces destinés aux différentes opérations liées au traitement et à la conservation de la viande. Le dispositif prévoit notamment des boutiques, une salle de transformation, un espace de traitement des eaux usées et des déchets, ainsi que des chambres froides.
Ces installations doivent permettre de mieux encadrer les activités des professionnels, de préserver la qualité de la viande et de limiter les risques sanitaires liés aux mauvaises conditions de conservation et de commercialisation.
« Il y aura des boutiques, une salle de transformation, une salle de traitement des eaux usées et des déchets. Il y aura également des chambres froides pour conserver de la viande », a indiqué Alpha Bacar Barry.
Le programme devrait également s’étendre aux autres localités du pays. Le ministre a assuré que des démarches étaient déjà en cours pour identifier les espaces susceptibles d’accueillir ces infrastructures dans les différentes préfectures.
La gouverneure de Conakry salue une initiative sanitaire et sociale
Présente aux côtés du ministre durant la tournée, la gouverneure de la ville de Conakry, Mahawa Sylla, s’est réjouie du lancement des travaux. Elle estime que ces infrastructures apporteront une réponse aux préoccupations liées aux conditions actuelles d’exercice du métier de boucher.
« C’est un sentiment de joie et de réconfort de voir la vision du président de la République, Mamadi Doumbouya, se réaliser à travers les boucheries modernes dans la ville de Conakry, pour le bien-être des populations. Un projet qui va donner la santé à nos populations, parce que nous savons dans quelles conditions les boucheries travaillent », a-t-elle déclaré.
Pour la gouverneure, cette modernisation représente également une occasion de valoriser un métier essentiel à la vie quotidienne et de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes.
Elle a notamment rappelé que tous les jeunes ne peuvent pas nécessairement travailler dans des bureaux et que les métiers techniques et professionnels doivent aussi bénéficier d’un accompagnement approprié.
Mahawa Sylla a par ailleurs insisté sur la nécessité d’assurer un suivi rigoureux des travaux. Elle a appelé les autorités communales à veiller au respect des normes techniques et sanitaires, ainsi qu’au respect des délais d’exécution.
Elle a également encouragé les jeunes à se préparer aux formations annoncées par le ministère de l’Élevage, afin de disposer des compétences nécessaires au fonctionnement des futures installations.
Les professionnels de la filière misent sur de meilleures conditions de travail
Du côté des acteurs de la filière bétail-viande, le lancement des travaux suscite de nombreux espoirs. Le président de la Fédération interprofessionnelle nationale bétail-viande de Guinée (FINABEV-Guinée), Hassane Bah, a salué une initiative susceptible d’améliorer durablement les conditions de travail des professionnels.
Il a rappelé que de nombreux bouchers exercent encore dans des environnements peu adaptés, avec des équipements insuffisants et des conditions sanitaires qui nécessitent des améliorations.
« Nous avons vraiment accueilli cette nouvelle avec de la joie. Si vous constatez les conditions de travail précaires dans lesquelles nous travaillons, aujourd’hui, si on pense à améliorer ces conditions de travail, nous ne pouvons être que satisfaits », a-t-il affirmé.
Le responsable de la FINABEV-Guinée a également souligné l’importance de cette initiative dans le cadre du programme Simandou 2040, qui entend soutenir la transformation des secteurs productifs du pays.
Toutefois, Hassane Bah estime que la réussite du projet dépendra aussi de la gestion des infrastructures après leur livraison. Pour lui, la construction des bâtiments doit s’accompagner de mesures garantissant leur entretien, leur rentabilité et leur utilisation durable au profit des professionnels.
« Il ne suffit pas de mettre en place l’infrastructure, mais l’après-infrastructure, la gestion de l’infrastructure pour qu’elle puisse être durable et rentable aux acteurs. Ce sera notre rôle de veiller à ce que l’on fasse bon usage de cette infrastructure qui sera mise en place », a-t-il souligné.
La gestion quotidienne des équipements, leur entretien et l’implication des organisations professionnelles apparaissent ainsi comme des facteurs essentiels pour assurer la pérennité des futures boucheries.
Les communes appelées à veiller au respect des normes
Au niveau local, les autorités communales ont également exprimé leurs attentes concernant la qualité des réalisations. À Sanoyah, une des vice-maires a insisté sur la nécessité d’exécuter les travaux dans le respect des exigences techniques et sanitaires.
« Nous exhortons et formulons nos vœux que les travaux soient exécutés dans les règles de l’art, dans les normes sanitaires et techniques en vigueur », a-t-elle déclaré.
À Manéah, le projet a également été favorablement accueilli par certains habitants. Nabinty Soumah, citoyenne de la localité, a notamment évoqué les difficultés rencontrées dans les conditions actuelles de vente de la viande.
« C’est une initiative salutaire, car nous sommes exposées sur la route. Aucune bonne initiative ne dépasse celle-là », a-t-elle estimé.
Ces réactions traduisent les attentes des populations, qui espèrent bénéficier de lieux de vente mieux aménagés, plus propres et plus sûrs.
Trente emplois annoncés par commune
Au-delà de l’amélioration des conditions sanitaires et professionnelles, le projet comporte un important volet consacré à l’emploi et à l’équipement des communes bénéficiaires.
Selon les données communiquées, chaque commune concernée devrait bénéficier de la création de 30 emplois. Le dispositif prévoit également la mise à disposition d’un camion frigorifique et de six tricycles par commune.
Chaque boucherie moderne devrait disposer de onze postes, avec la mobilisation de plusieurs catégories de professionnels, notamment des techniciens, des vétérinaires et des bouchers qualifiés.
Ces moyens logistiques et humains doivent contribuer à améliorer le transport, la conservation et la commercialisation de la viande, tout en renforçant le contrôle technique et sanitaire des activités.
La formation annoncée par le ministère de l’Élevage devrait, pour sa part, permettre de préparer les futurs bénéficiaires à l’exploitation des nouvelles installations.
Un projet appelé à s’étendre à l’intérieur du pays
Avec le lancement de cette première phase dans le Grand Conakry, les autorités guinéennes entendent amorcer une transformation progressive de la filière bétail-viande.
Le ministère de l’Élevage prévoit de poursuivre l’identification des sites dans les autres localités du pays, en collaboration avec les autorités compétentes. L’extension du programme dépendra notamment de la disponibilité des espaces, de l’avancement des travaux en cours et de la préparation des professionnels appelés à exploiter les infrastructures.
Pour les autorités, les communes et les représentants de la filière, l’ambition est de mettre en place des infrastructures fonctionnelles, conformes aux exigences d’hygiène et de sécurité sanitaire, tout en offrant aux bouchers de meilleures conditions de travail.
La réussite de cette initiative reposera désormais sur la qualité des constructions, la formation des acteurs, la disponibilité des équipements et la mise en place d’un système de gestion durable.
À terme, ces boucheries modernes sont appelées à contribuer à la professionnalisation du secteur, à la création d’emplois et à la protection des consommateurs, en garantissant une viande commercialisée dans des conditions plus sûres et mieux contrôlées.
Henriette Mara www.vision224.com

