Alors que la saison des pluies tire progressivement à sa fin en Guinée, les risques liés aux phénomènes orageux demeurent une préoccupation majeure. Ces derniers mois, plusieurs épisodes de foudre ont endeuillé des familles dans différentes localités du pays, faisant de nombreuses victimes, notamment des femmes et des enfants. Face à cette situation, l’Agence nationale de la météorologie (ANM) appelle les populations à maintenir leur vigilance, rappelant que la baisse des précipitations ne signifie pas la disparition du danger.
Le dernier drame rapporté dans la préfecture de Gaoual remonte à la nuit du jeudi au vendredi 28 août 2026. Quatre personnes, dont une femme et trois enfants, ont perdu la vie après avoir été frappées par la foudre dans le district de Goundoupi, relevant de la sous-préfecture de Koumbia.
Ce tragique événement est venu s’ajouter à une série d’accidents similaires enregistrés depuis le mois de juin. Dans la même sous-préfecture de Koumbia, deux personnes avaient déjà péri dans le district de Taguira. D’autres décès avaient également été signalés à Kamélé, à Kadjoré ainsi que dans la commune urbaine de Gaoual, où deux personnes avaient perdu la vie.
La région de Kindia a également été touchée. Le jeudi 9 juillet 2026, à Khouredi, un secteur relevant du district de Séguéya, dans la commune urbaine de Kindia, une élève de 12 ans et sa marâtre ont été tuées par la foudre alors qu’elles se dirigeaient vers la route principale. Deux autres personnes avaient été grièvement blessées lors du même incident.
En septembre 2026, deux jeunes hommes ont également trouvé la mort après avoir été frappés par la foudre à Kintinia, une localité située à une trentaine de kilomètres de Siguiri. Des drames successifs qui illustrent la gravité des risques liés aux orages, même lorsque les précipitations commencent à diminuer.
C’est dans ce contexte que le directeur général de l’ANM, Dr René Tato Loua, a lancé un appel à la prudence. Invité de l’émission Grand Angle de la RTG, il a expliqué que la Guinée se trouve actuellement dans la dernière phase de la saison pluvieuse, marquée par une diminution progressive des précipitations.
« Climatologiquement, nous sommes maintenant vers la fin de la saison. Nous sommes à la fin de la saison des pluies et ça va baisser progressivement », a-t-il indiqué.
Toutefois, le responsable a insisté sur le fait que cette baisse des pluies ne doit pas être interprétée comme une disparition des phénomènes orageux. Selon lui, le début et la fin de la saison pluvieuse sont particulièrement propices aux épisodes de foudre.
« Le début et la fin de la saison des pluies sont caractérisés par des cas de foudre. Cette année, il y a eu beaucoup de foudre. C’est une chose à ne pas négliger. Pendant cette période, il ne faut pas exclure les cas de foudre parce qu’il y a des orages qui se manifestent. C’est comme ça le cycle de la foudre », a-t-il averti.
Au cours de cette intervention, le directeur général de l’ANM a également apporté des précisions sur le bilan pluviométrique de l’année 2026. Contrairement à certaines perceptions liées aux inondations enregistrées dans plusieurs localités, il affirme que les précipitations ont été globalement moins importantes que celles observées en 2023, 2024 et 2025.
« On a tendance à comprendre qu’il a plu beaucoup plus cette année. Non, il a plu moins cette année par rapport à 2025, par rapport à 2024 et par rapport à 2023 », a-t-il expliqué.
Pour Dr René Tato Loua, cette impression d’une saison particulièrement pluvieuse s’explique notamment par le caractère brutal et intense de certaines précipitations. Des pluies de courte durée, mais particulièrement abondantes, peuvent provoquer des inondations soudaines et occasionner d’importants dégâts.
« Ce sont des pluies qui viennent brutalement et de très courte durée, mais qui sont très intenses et provoquent des inondations éclairs », a-t-il précisé, évoquant également une perturbation du régime pluviométrique qu’il associe au phénomène El Niño.
Pour mieux anticiper ces épisodes météorologiques dangereux, les services de l’ANM s’appuient sur les observations satellitaires et différents équipements de surveillance, notamment les bouées. Ces dispositifs permettent de suivre l’évolution des conditions météorologiques et de déclencher des alertes lorsque des phénomènes à risque sont détectés.
Le directeur général a notamment rappelé les fortes précipitations enregistrées les 22 et 23 septembre 2026, qui avaient provoqué des inondations et conduit ses services à émettre une alerte rouge.
Ainsi, malgré le recul progressif des pluies, les drames enregistrés à Gaoual, Kindia et Siguiri rappellent que la foudre demeure une menace réelle pour les populations. La vigilance reste donc indispensable durant cette période de transition, particulièrement à l’approche et pendant les épisodes orageux.
Henriette Mara www.vision224.com

