Présent à la cérémonie d’hommage à l’Ayatollah Ali Khamenei, organisée le mardi 8 juillet à l’ambassade de la République islamique d’Iran à Conakry, Mohamed Lamine Touré, ancien protocole d’État à la présidence de la République et représentant du secteur privé iranien en Guinée depuis 2016, a livré un témoignage sur plusieurs projets de coopération entre la Guinée et l’Iran.
Devant les invités, il est revenu sur la réalisation du siège du ministère guinéen des Affaires étrangères, qu’il présente comme l’un des principaux symboles de cette coopération bilatérale. Selon lui, l’édifice a été entièrement financé par l’Iran à hauteur de six millions de dollars.
« Le 6 novembre 2019, l’immeuble abritant les Affaires étrangères était prêt. Il y a trois étages et 67 bureaux. Je peux fermer les yeux, marcher dans les bureaux. Je connais comment les choses ont été posées », a-t-il déclaré.
Au-delà de cette réalisation, Mohamed Lamine Touré a affirmé que les autorités iraniennes envisageaient d’aller plus loin en accompagnant la Guinée dans la construction d’un nouvel aéroport international.
Selon ses explications, les échanges entre les deux parties avaient conduit au choix de la ville de Faranah, en Haute-Guinée, pour accueillir cette future infrastructure.
« Nous avons dit qu’on n’avait pas d’aéroport international. Il y a un seul aéroport international. On nous a demandé où nous voulions qu’on le construise. Nous avons répondu : à Faranah », a-t-il expliqué.
Cependant, ce projet n’a jamais vu le jour. Mohamed Lamine Touré attribue cet échec à des divergences sur les modalités de gestion des fonds destinés au financement de l’ouvrage.
D’après lui, les partenaires iraniens avaient demandé l’ouverture d’un compte afin d’y transférer les ressources nécessaires à la réalisation du projet.
« On nous a demandé de donner un compte pour qu’on puisse loger l’argent. Mes témoins sont là. L’ex-gouverneur de la Banque centrale et certains cadres le savent », a-t-il affirmé.
Il soutient avoir refusé que ces fonds soient déposés sur un compte privé, estimant qu’ils devaient exclusivement transiter par la Banque centrale de la République de Guinée.
« J’ai dit qu’on ne met l’argent nulle part, si ce n’est à la Banque centrale. Ils ont demandé alors de faire une avance de 10 millions. Et ça aussi, on nous communiquait un compte privé. J’ai dit non. C’est à la Banque centrale », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’absence d’accord sur cette question a conduit à l’abandon du projet d’aéroport international de Faranah.
Profitant de cette tribune, l’ancien protocole d’État a plaidé pour un renforcement des relations économiques entre la Guinée et la République islamique d’Iran. Il estime que les investisseurs iraniens disposent des capacités techniques et financières nécessaires pour accompagner le développement du pays dans plusieurs secteurs.
« Si nous voulons vraiment développer la Guinée, mes frères, mes compatriotes, tendons la main à l’Iran », a-t-il lancé.
Mohamed Lamine Touré regrette toutefois que ces investisseurs ne trouvent pas suffisamment d’interlocuteurs locaux pour concrétiser leurs projets.
« L’Iran veut venir. Les investisseurs iraniens qui sont là ont tous les moyens techniques et financiers. Mais malheureusement, ils n’ont pas de répondants », a-t-il déploré.
En conclusion, il a affirmé que l’engagement iranien en Guinée s’inscrivait, selon lui, dans un esprit de solidarité.
« L’Iran ne nous demande rien en retour. Et tout ce qu’ils font, ils le font sur la base de la religion musulmane », a-t-il conclu.
Saloun Touré www.vision224.com

