À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Guinée met cette année l’accent sur un enjeu crucial : « briser le cycle de l’impunité des violences basées sur le genre, à travers des réponses judiciaires, sécuritaires et économiques » renforcées. Un thème fort qui traduit la volonté des autorités, des organisations de la société civile et des partenaires internationaux d’apporter des solutions concrètes à une problématique persistante.
Dans le pays, les violences faites aux femmes et aux filles demeurent une réalité préoccupante. Qu’il s’agisse de violences physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques, de nombreuses victimes hésitent encore à dénoncer leurs agresseurs, souvent par peur de représailles, de stigmatisation ou par manque de confiance dans les mécanismes de justice. Cette situation alimente un cercle vicieux d’impunité que les autorités guinéennes entendent désormais briser.
Sur le plan judiciaire, des efforts sont en cours pour renforcer le cadre légal et améliorer la prise en charge des victimes. Cela passe notamment par la formation des magistrats, la création de juridictions spécialisées et l’application effective des lois existantes contre les violences basées sur le genre. L’objectif est clair : garantir que chaque acte de violence soit sanctionné et que les victimes obtiennent justice.
Du côté sécuritaire, les forces de défense et de sécurité sont appelées à jouer un rôle clé. Des unités spécialisées dans la protection des femmes et des enfants sont progressivement mises en place, avec pour mission d’assurer une réponse rapide et adaptée aux cas de violences. La sensibilisation des agents à la problématique du genre constitue également un levier essentiel pour améliorer l’accueil et l’accompagnement des victimes.
Par ailleurs, la dimension économique est au cœur de cette stratégie. L’autonomisation des femmes est perçue comme un facteur déterminant dans la lutte contre les violences. En renforçant leur accès à l’emploi, au financement et à l’entrepreneuriat, les autorités espèrent réduire leur vulnérabilité et leur dépendance économique, souvent à l’origine du silence face aux abus.
Cette journée est également marquée par des campagnes de sensibilisation, des conférences et des activités communautaires à travers le pays. Elles visent à mobiliser l’ensemble de la société guinéenne autour de la lutte contre les violences basées sur le genre et à promouvoir un changement de mentalités durable.
En mettant en avant ce thème, la Guinée envoie un message fort : la tolérance zéro face aux violences faites aux femmes n’est plus une option, mais une nécessité. Briser le cycle de l’impunité exige un engagement collectif, une justice équitable et des actions concrètes pour construire une société plus juste et inclusive.
Henriette Mara www.vision224.com

