Face à la multiplication des occupations irrégulières du domaine public, le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat passe à l’offensive. Le ministre Mohamed Lamine Sy Savané a annoncé une série de mesures radicales visant à rétablir l’ordre républicain, faire respecter le code de l’urbanisme et protéger les zones écologiques vulnérables.
Zéro tolérance dans les zones à risque. Le message des autorités est désormais clair : aucune tolérance ne sera accordée aux occupants illégaux. Le premier responsable du département a averti que l’ensemble des infrastructures érigées dans les secteurs périlleux subiront le même sort.« Toute occupation des ravins, des cours d’eau ou des bras de mer fera l’objet de démolition », a déclaré le ministre au micro de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG).
Avant le passage des engins de terrassement, une phase d’évaluation technique est immédiatement engagée pour recenser l’ensemble des sites visés. La Direction nationale de l’architecture, de la construction et du logement (DACLO), appuyée par la gendarmerie de l’habitat, a été instruite d’établir un état des lieux rigoureux sur le terrain. L’objectif est d’identifier avec précision les bâtiments construits sans permis ainsi que les remblais récents ou en cours constatés, notamment dans la zone sud-ouest.
Pour pérenniser ces actions et éviter de nouvelles récidives, un dispositif de surveillance accrue sera déployé sur le territoire. Un Poste d’Appui (PA) sera spécialement mis en place pour assurer un contrôle systématique de l’occupation des sols et traquer les fraudeurs fonciers. Cette initiative s’inscrit directement dans la vision du chef de l’État vise à assainir durablement le secteur de l’habitat.
Cette prise de parole institutionnelle intervient dans un climat de pression judiciaire et sociale accentuée. Ces derniers jours, des images diffusées sur les réseaux sociaux montraient le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) lors d’une visite inopinée dans plusieurs zones de mangroves. Le constat y était alarmant : une prolifération de chantiers privés au cœur d’écosystèmes pourtant strictement protégés par la loi.
Avec ces nouvelles annonces, le gouvernement affiche une fermeté inédite pour stopper l’anarchie foncière et préserver le domaine public maritime et fluvial.
Henriette Mara www.vision224.com

