Le prix du gingembre connaît une hausse spectaculaire sur plusieurs marchés de Conakry. Au marché de Sonfonia Gare, le sac, qui coûtait auparavant 300 000 francs guinéens, se négocie désormais à 1 500 000 francs. Le kilogramme, quant à lui, est vendu entre 60 000 et 80 000 francs selon les marchés. Une situation qui pénalise les commerçants et réduit le pouvoir d’achat des consommateurs.
Le gingembre devient de plus en plus coûteux sur les marchés de la capitale guinéenne. Au marché de Sonfonia Gare, où un reporter de Guineematin.com s’est rendu ce jeudi 22 octobre 2026, les vendeuses font face à une augmentation considérable du prix d’approvisionnement, avec des conséquences directes sur leurs activités commerciales.
Selon les commerçantes rencontrées sur place, le sac de gingembre, autrefois acheté à 300 000 francs guinéens, coûte aujourd’hui 1 500 000 francs. Cette hausse se répercute sur le prix de détail : le kilogramme, qui se vendait auparavant à 25 000 francs, atteint désormais 60 000 francs à Sonfonia Gare et jusqu’à 80 000 francs au marché de Foulamadina.
Cette flambée des prix entraîne une baisse de la clientèle et ralentit considérablement les ventes.
« Avant, je pouvais vendre deux à trois sacs par jour »
Fatoumata Binta Bah, vendeuse de gingembre au marché de Sonfonia Gare, explique que l’augmentation du prix d’achat complique sérieusement son activité.
« Actuellement, nous achetons le sac à 1 500 000 francs auprès des commerçants grossistes qui viennent de la préfecture de Télimélé. Avant, nous achetions un sac à 300 000 francs et nous revendions le kilogramme à 25 000 francs. Nous vendions aussi un tas à 200 000 francs. Mais actuellement, nous revendons le kilogramme à 60 000 francs. Si nous ne le vendons pas à ce prix, nous ne pourrons pas récupérer notre argent », explique-t-elle.
La commerçante déplore également la diminution du nombre de clients, notamment ceux qui achètent le gingembre pour fabriquer du jus destiné à la commercialisation.
« La clientèle a considérablement diminué. Ceux qui avaient l’habitude d’acheter le gingembre pour en faire du jus nous disent que s’ils l’achètent à ce prix, ils ne pourront pas récupérer leur argent après la vente de leurs produits », poursuit-elle.
Selon Fatoumata Binta Bah, cette hausse persiste depuis le dernier mois de Ramadan, sans véritable baisse des prix.
« D’habitude, lorsque le prix augmente pendant le Ramadan, il redescend après la fête. Mais cette fois-ci, nous nous demandons pourquoi il continue de grimper. Avant cette augmentation, je pouvais vendre deux à trois sacs par jour. Actuellement, je peux rester avec un seul sac pendant une semaine », regrette-t-elle.
Des marchandises coûteuses et parfois abîmées
Madame Mariame Bah, également vendeuse de gingembre et de produits destinés à la préparation de jus naturels, fait le même constat. Elle affirme que le coût de son approvisionnement a considérablement augmenté depuis le début de son activité commerciale.
« Avant, lorsque j’ai commencé ce commerce, j’achetais le sac de gingembre à 300 000 francs. Mais mardi dernier, j’ai acheté le sac à 1 500 000 francs. Actuellement, les clients ne viennent plus, car le prix est cher. Ce n’est pas tout le monde qui accepte d’investir son argent dans ce produit », explique-t-elle.
À cette hausse des prix s’ajoute un autre problème : la qualité de certaines marchandises. Selon la commerçante, il arrive qu’une partie du gingembre acheté soit déjà détériorée à l’ouverture du sac.
« Il nous arrive parfois d’acheter un sac et, en l’ouvrant, de constater que 20 % du produit est gâté. Mais nous n’avons pas le choix, puisque nous avons déjà acheté le sac et que nous devons l’ouvrir. Je revends actuellement le kilogramme entre 55 000 et 60 000 francs », précise-t-elle.
Cette situation expose les vendeuses à des pertes supplémentaires, alors même que leurs marges commerciales sont fragilisées par la hausse des prix d’achat et la baisse de la demande.
À Foulamadina, le kilogramme atteint 80 000 francs
Au marché de Foulamadina, la tendance est similaire, avec un prix du kilogramme qui atteint désormais 80 000 francs guinéens. Plusieurs commerçants rencontrés par notre reporter, hors micro, ont également confirmé cette augmentation.
Très prisé par les ménages guinéens, le gingembre est utilisé dans de nombreux domaines. Certains consommateurs s’en servent pour préparer du jus naturel, tandis que d’autres le transforment en poudre pour des usages relevant de la médecine traditionnelle. Il entre également dans la préparation de plusieurs repas.
Cependant, cette hausse rend le produit de plus en plus difficile d’accès pour certains consommateurs et compromet les activités des commerçants, notamment ceux qui dépendent de la vente de jus naturels.
Pour l’heure, les vendeuses interrogées évoquent principalement l’augmentation du prix d’achat auprès de leurs fournisseurs, notamment ceux venant de Télimélé et de Pita. Les raisons précises de cette flambée persistante restent toutefois à établir.
En attendant une éventuelle baisse des prix, commerçants et consommateurs doivent composer avec cette hausse qui bouleverse les habitudes d’achat et ralentit les échanges sur plusieurs marchés de Conakry.
Mariame Mara www.vision224.com

