Le monde des médias guinéens est en deuil. Le journaliste et fondateur du Groupe de presse Le Lynx-La Lance, Souleymane Diallo, s’est éteint le lundi 1er juin 2026 à Montréal, au Canada, laissant derrière lui un héritage immense dans le combat pour la liberté de la presse et l’expression démocratique en Guinée. L’annonce de sa disparition a suscité une vive émotion au sein de la corporation médiatique, de la classe politique et de la diaspora guinéenne.
Né en 1945, Souleymane Diallo fait partie des figures emblématiques du journalisme guinéen. Contraint à l’exil sous le régime de Sékou Touré, il exerce durant plusieurs années en Côte d’Ivoire avant de revenir en Guinée au début des années 1990, à la faveur de l’ouverture démocratique.
En 1992, il fonde le journal satirique Le Lynx, inspiré du modèle du Canard Enchaîné, qui deviendra rapidement une référence dans le paysage médiatique guinéen grâce à son ton libre, critique et indépendant. Quatre ans plus tard, il lance La Lance, un hebdomadaire d’informations générales qui complète l’offre éditoriale de son groupe de presse.
Tout au long de sa carrière, le doyen Souleymane Diallo s’est illustré par son engagement sans faille en faveur de la liberté de la presse. Ses publications lui ont valu plusieurs poursuites judiciaires, des séjours en prison et de nombreuses pressions politiques. Malgré ces obstacles, il est resté fidèle à ses convictions, faisant de son groupe de presse un symbole de résistance et d’indépendance journalistique.
Au-delà de son travail de journaliste et d’éditeur, il a contribué à la formation de plusieurs générations de professionnels des médias et participé activement aux réflexions sur l’évolution du paysage médiatique guinéen. Son combat a largement contribué à l’émergence et à la consolidation du pluralisme de la presse dans le pays.
En 2022, ses pairs lui avaient rendu un vibrant hommage de son vivant pour saluer son parcours exceptionnel et son apport à la démocratie guinéenne. Cette reconnaissance témoignait déjà de la place particulière qu’il occupait dans l’histoire des médias nationaux.
Avec la disparition de Souleymane Diallo à l’âge de 81 ans, la Guinée perd une voix critique, un défenseur infatigable des libertés et l’un des bâtisseurs de la presse privée indépendante. Son œuvre et son héritage continueront d’inspirer les générations futures de journalistes guinéens.
« Paix à l’âme du Doyen Souleymane Diallo. Que son engagement pour une presse libre demeure une source d’inspiration pour toute la profession ».
Henriette Mara www.vision224.com

