CONAKRY – Face à un contexte économique international marqué par les tensions géopolitiques et le ralentissement de la croissance mondiale, le gouvernement guinéen entend adapter ses prévisions budgétaires aux nouvelles réalités économiques. Présenté samedi soir devant les députés de la 10e législature, le projet de loi de finances rectificative 2026 prévoit notamment une révision à la baisse des perspectives de croissance, le maintien du prix du carburant à la pompe et une accélération de l’exécution des projets d’investissement.
À l’issue de la séance plénière consacrée à la présentation du projet, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a expliqué les principaux choix opérés par le gouvernement pour adapter le budget initial de l’exercice 2026 à l’évolution de la conjoncture économique et sociale, tant sur le plan national qu’international.
Parmi les principaux ajustements figure la révision des prévisions de croissance économique. Selon la ministre, les conséquences de la crise internationale ont conduit les autorités à revoir leurs ambitions initiales à la baisse de 0,9 point de pourcentage, portant désormais le taux de croissance attendu pour 2026 à 8,6 %, contre 7,1 % en 2025.
Cette révision traduit la volonté du gouvernement de tenir compte des incertitudes qui pèsent sur l’économie mondiale, notamment les tensions géopolitiques et leurs répercussions sur les marchés internationaux.
L’évolution des prix des produits pétroliers constitue également un enjeu majeur pour les autorités guinéennes. La crise autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, a contribué à accentuer les tensions sur les marchés pétroliers, avec des conséquences sur les coûts de l’énergie à l’échelle internationale.
Face à cette situation, le gouvernement affirme avoir fait le choix de préserver le pouvoir d’achat des populations en maintenant le prix du carburant à la pompe à 12 000 francs guinéens le litre. Une décision qui traduit, selon la ministre, une volonté de solidarité avec les ménages et les acteurs économiques, malgré les pressions exercées sur les finances publiques par la hausse des cours internationaux.
Au-delà de ces ajustements, la loi de finances rectificative 2026 doit également permettre de renforcer l’efficacité de la dépense publique, notamment à travers l’accélération de l’exécution des projets d’investissement. L’objectif est de veiller à ce que les ressources mobilisées par l’État produisent des résultats concrets au bénéfice des populations.
La présentation du projet ouvre désormais la phase d’examen par les députés, appelés à se prononcer sur les nouvelles orientations budgétaires proposées par l’exécutif.
Entre maîtrise des équilibres macroéconomiques, protection du pouvoir d’achat et poursuite des investissements publics, le gouvernement guinéen cherche ainsi à adapter sa politique budgétaire à un environnement international incertain, tout en maintenant ses ambitions de croissance et de développement.
Henriette Mara www.vision224.com

