CONAKRY – Le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, a doté, ce vendredi 18 septembre 2026, les conservateurs de la nature d’un nouveau statut particulier. Cette réforme vient préciser leur organisation, leur carrière, leur hiérarchie ainsi que leurs droits et devoirs.
Chargés notamment de la surveillance du domaine public, de la protection de la faune et de la flore et de la lutte contre le braconnage, les conservateurs de la nature voient désormais leurs missions davantage encadrées.
Selon les dispositions du nouveau statut, ces agents ont pour principale mission de protéger et de conserver les écosystèmes forestiers, terrestres, marins et aquatiques.
Ils sont notamment chargés de faire respecter la réglementation dans les aires protégées et le domaine forestier, notamment les parcs nationaux, réserves naturelles, sanctuaires de faune, zones de chasse, zones humides, têtes de source, bassins versants, zones de conservation communautaire et privée, paysages ainsi que les forêts classées et non classées.
Les sites bénéficiant d’un statut sous-régional ou international, notamment les réserves de biosphère et les sites du patrimoine mondial, relèvent également de leur responsabilité.
Lutte contre le braconnage et protection de la biodiversité
Les conservateurs doivent également veiller à l’intégrité et au fonctionnement des écosystèmes. Ils sont appelés à appliquer les lois, règlements ainsi que les conventions et accords internationaux relatifs à la gestion durable des ressources naturelles et à la protection de l’environnement.
Leur mission comprend aussi la lutte contre la dégradation de la biodiversité, des domaines publics maritimes, des mangroves et des zones prioritaires de conservation.
Ils doivent par ailleurs assurer la surveillance des espèces de faune et de flore sauvages afin de lutter contre le braconnage ainsi que le commerce illégal et transfrontalier des espèces protégées.
Le statut prévoit également leur participation à la prévention et à la gestion des urgences environnementales, des catastrophes et des calamités. Ils peuvent aussi prendre part aux activités des forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux opérations civilo-militaires.
Trois catégories de conservateurs
Le nouveau statut répartit les conservateurs de la nature en trois catégories :
les officiers conservateurs de la nature ;
les sous-officiers contrôleurs de la nature ;
les agents forestiers.
Ces catégories correspondent respectivement aux hiérarchies de la fonction publique suivantes :
Hiérarchie A : officiers conservateurs de la nature ;
Hiérarchie B : sous-officiers contrôleurs de la nature ;
Hiérarchie C : agents forestiers.
Des obligations et des équipements spécifiques
Le statut interdit aux conservateurs de la nature d’exercer, à titre personnel, une activité lucrative. Une exception est toutefois prévue pour les activités allant dans le sens de la conservation ou de la restauration des ressources naturelles.
Sur le plan professionnel, chaque conservateur bénéficie annuellement d’effets d’habillement ainsi que d’équipements professionnels et spéciaux nécessaires à l’exercice de ses missions. La composition des paquetages doit être fixée par arrêté du ministre chargé des conservateurs de la nature, sur proposition du Directeur général.
Le port d’armes reconnu
Autre disposition importante : l’article 30 reconnaît aux conservateurs de la nature le droit au port d’armes dans le cadre de leurs missions.
En conséquence, le conservateur est soumis au port de l’uniforme ou doit être muni de sa carte professionnelle. Toutefois, certaines missions particulières peuvent justifier une dispense du port de l’arme et de l’uniforme.
À travers ce nouveau statut particulier, les autorités guinéennes entendent ainsi mieux définir le cadre professionnel des agents chargés de la protection du patrimoine naturel, de la biodiversité et des ressources forestières du pays.
Henriette Mara www.vision224.com

