En mission à Siguiri, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara, a effectué une visite de terrain au cours de laquelle il s’est notamment intéressé aux conditions de fonctionnement de la prison et de la juridiction locale. Une démarche qui, selon lui, répond directement à une mission confiée par le président de la République.
Dès son arrivée, le ministre a commencé sa visite par la prison de Siguiri, où il a voulu s’enquérir des conditions de fonctionnement de l’établissement. Devant les acteurs de la justice, il a expliqué que sa présence ne relevait pas d’une simple visite de courtoisie.
« Si je suis venu vous rencontrer aujourd’hui pour échanger directement avec vous, ce n’est pas pour une simple visite de courtoisie à Siguiri. Je suis en mission pour le compte de Monsieur le Président de la République », a-t-il déclaré, précisant qu’il était notamment chargé d’observer les conditions de travail, le déroulement des activités, l’état de l’établissement abritant le tribunal ainsi que la gestion de la prison.
Face aux magistrats, greffiers et autres professionnels de la justice, Ibrahima Sory 2 Tounkara a reconnu les difficultés auxquelles certains agents sont confrontés dans l’exercice de leurs fonctions. Toutefois, il a estimé que ces contraintes ne sauraient justifier le maintien de pratiques susceptibles de porter atteinte au bon fonctionnement de l’institution judiciaire.
« Je mesure combien votre mission est exigeante et dans quelles conditions parfois difficiles vous exercez vos fonctions. Mais je suis venu vous dire que la situation doit changer dès maintenant », a-t-il martelé.
Rétablir la confiance des citoyens
Au centre du message du garde des Sceaux figure la nécessité de renforcer la confiance entre les citoyens et la justice. Le ministre a particulièrement insisté sur l’accueil réservé aux justiciables, le traitement diligent des dossiers et l’accès effectif aux décisions rendues par les juridictions.
Pour Ibrahima Sory 2 Tounkara, la justice doit être à la fois accessible, crédible et respectueuse des droits des citoyens.
« La justice doit être accessible et crédible. Surtout, chaque citoyen qui s’adresse à vous doit repartir satisfait », a-t-il souligné.
Le ministre a toutefois précisé que cette satisfaction ne signifie pas que chaque justiciable doit nécessairement obtenir gain de cause. Elle implique plutôt que chaque dossier soit examiné avec sérieux, conformément aux règles de droit et dans des délais raisonnables.
L’accès aux décisions de justice au cœur des préoccupations
Autre sujet abordé lors de la rencontre : l’accès aux décisions judiciaires. Le ministre a déploré les difficultés rencontrées par certains citoyens pour obtenir une copie d’un jugement ou d’une autre décision rendue par les juridictions.
Il a rappelé qu’une fois une décision rendue et rédigée, le justiciable concerné doit pouvoir en obtenir une copie auprès du greffe sans rencontrer d’obstacles injustifiés.
« Lorsqu’une décision est rendue et rédigée, l’intéressé doit pouvoir la retirer sans difficulté auprès du greffe. Une décision inaccessible ne sert absolument à rien », a-t-il insisté.
Le respect des tarifs officiels exigé
La question des frais liés à certains actes judiciaires a également été soulevée. Le garde des Sceaux a demandé aux responsables de la juridiction de veiller au strict respect des montants officiellement fixés et surtout à leur affichage dans les locaux du tribunal.
Il a notamment cité les frais relatifs à la délivrance du casier judiciaire, du certificat de nationalité, du jugement supplétif ou encore d’autres documents administratifs et judiciaires.
« Je vous demande donc d’afficher clairement cet arrêté dans l’enceinte du tribunal afin que nul n’ignore le coût officiel d’un casier judiciaire, d’un certificat de nationalité, d’un jugement supplétif ou de tout autre document », a-t-il demandé.
Mise en garde contre les frais de déplacements judiciaires
Ibrahima Sory 2 Tounkara a enfin dénoncé certaines pratiques liées aux frais réclamés lors des déplacements judiciaires. Selon lui, certains montants demandés seraient disproportionnés par rapport aux distances réellement parcourues, au risque de bloquer les procédures.
« On voit parfois des juges réclamer jusqu’à 5 millions de francs guinéens pour un déplacement de moins de 500 mètres. Résultat : la procédure se retrouve bloquée », a-t-il déploré.
À travers cette visite à Siguiri, le ministre de la Justice entend ainsi rappeler aux acteurs judiciaires la nécessité d’améliorer les conditions d’accueil des justiciables, de faciliter l’accès aux décisions de justice et de veiller au respect des règles et tarifs en vigueur.
L’objectif affiché reste le même : rendre la justice plus accessible, plus transparente et d’avantage digne de la confiance des citoyens.
Henriette Mara www.vision224.com

