Au lendemain du violent incendie qui a frappé le marché de Matoto, l’émotion laisse place à la colère et aux revendications. Face aux dégâts subis, les commerçants interpellent directement les autorités pour réclamer un renforcement strict des mesures de sécurité et une refonte complète des infrastructures marchandes, afin de mettre un terme à cette série de drames répétés.
Présente sur les lieux au milieu des décombres, Maimouna Baldé, maîtresse couturière et responsable d’un atelier au cœur du marché, a tenu à saluer le courage de la jeunesse locale. Selon son témoignage, le bilan aurait pu être bien plus lourd sans la réactivité des jeunes qui passent la nuit sur place. Ce sont eux qui ont donné l’alerte auprès de la gendarmerie, permettant ensuite la mobilisation des sapeurs-pompiers pour circonscrire les flammes.
Ce nouveau sinistre relance avec acuité le débat sur la vulnérabilité des grands centres commerciaux de Conakry. L’étroitesse des allées, l’occupation anarchique des espaces de passage et l’absence quasi totale de dispositifs de prévention incendie continuent de paralyser l’intervention des services de secours lors des urgences. Pour l’ensemble des sinistrés, la réorganisation spatiale et la modernisation des équipements ne relèvent plus du simple aménagement urbain, mais d’une nécessité vitale pour protéger les vies humaines et les investissements des citoyens.
La situation est d’autant plus préoccupante qu’il y a tout juste un an, le marché de Matoto subissait déjà un incendie d’une ampleur similaire, plongeant de nombreuses familles dans la précarité financière.
Face à cette récurrence tragique, les commerçants attendent désormais des actes concrets et des réformes structurelles de la part des pouvoirs publics.
Henriette Mara www.vision224.com

